Nous vivons à moitié

Flickr.com : Zinaida Beaumont : Lifestyle – A l’intérieur de la tente / Inside the tent
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J’ai voulu vous présenter cet article, que j’ai scindé en deux, -raccord avec le titre jusque là ! :) – sous forme de petite histoire.

J’ai beaucoup écouté Annick de Souzennelle ces temps-ci et voici ce que son univers, ses connaissances riches et fabuleuses m’inspirent.

Attention, notez bien ceci : je ne parle en aucun cas au nom d’Annick de Souzenelle.

 

 

***

 

Voici donc le texte :

 

Dans le désert, deux hommes discutent dans une tente. Celui qui a invité dit à l’autre :

– Regarde l’ami, regarde autour de toi. Tout ce que tu vois m’appartient. Je suis le chef de la tribu, j’ai une femme et des enfants, des garçons robustes qui cultivent nos champs fertiles et d’autres qui me secondent dans certaines tâches plus intellectuelles, des filles qui font ma fierté, belles et travailleuses, dont certaines sont déjà en âge de perpétuer ma race, j’ai des troupeaux de brebis et de chèvres qui me donne le lait, la chair et les lainages dont j’ai besoin, j’ai des fidèles amis et des gens qui viennent me consulter parce qu’ils me considèrent comme le plus sage de la tribu. Tu vois, j’ai tout ce que peut désirer un homme ! Eh bien, malgré tout ce que je possède et malgré l’amour et la reconnaissance des miens, il me semble qu’il me manque quelque chose, mais je ne sais pas quoi exactement !

– Est-ce une question que tu me poses ?

– C’est une interrogation c’est vrai ! Par contre, je ne sais pas si tu pourras y répondre !

– Crois-tu que je sois ici par hasard ?

– Il est vrai que souvent, j’ai remarqué que le hasard ne semble pas être de ce monde…

– Veux-tu que je te dises ce que j’en pense ?

– Bien entendu l’ami, fais donc, je t’avoue que je suis curieux d’entendre ton explication !

– Eh bien voilà, d’après moi, si malgré tout ce que tu possèdes et malgré l’amour et la reconnaissance des tiens, il te manque quelque chose, c’est que tu ne fais appel qu’à un seul côté de la personne que tu es. C’est ainsi que je t’affirme que tu te contentes de peu ! dit tranquillement l’homme en blanc, avec un regard des plus doux et une voix apaisante.

– Me contenter de peu ! Comme tu y vas l’ami ! J’ai évidemment l’impression qu’il me manque quelque chose, mais de là à affirmer que je me contente de peu, c’est exagéré ! Je crois que tu ne m’as pas bien entendu. Je suis un homme comblé et influent ici, j’ai tout ce que je veux ! Et tu me dis, toi l’étranger, que je me contente de vivre à moitié ? Mais qu’est-ce qui te fais dire une chose pareille, dis-moi je te prie !

– Écoute alors, écoute bien ce que j’ai à te dire : tu as parfaitement rempli ta part animale ; elle semble effectivement être totalement comblée. Et en cela tu peux être considéré comme sage et tu peux t’en féliciter. Tous, même si ce n’est que sur ce plan-là, horizontal, liée à tout ce qui est terrestre et matériel, ne réussissent pas comme toi il est vrai ! Cependant maintenant que tu as démontré que tu sais faire, il te faut être.

– Quoi ? Mais il me semble que je suis quelqu’un déjà !

– Dans le monde de l’apparence et de la matérialité, en effet, tu es. Moi je te parle du monde invisible et non perceptible avec nos sens ; là il semblerait que tu n’y sois pas et c’est pour cela que tu sens un manque en toi.

– Bon, admettons qu’un tel plan existe, que dois-je faire pour y avoir accès ?

– Laisse déborder le vase que tu as déjà si bien rempli, partage, aux personnes qui t’en font la demande, non pas ta richesse matérielle, mais plutôt ton savoir qui est de fait intérieur, lié à l’accumulation de cette richesse extérieure puisque tel est ton talent. Autrement dit, donne aux autres, non pas une partie ou toutes ces choses visibles, mais donne les connaissances qui t’ont permis d’être ainsi comblé. Par ce biais là tu pourras aider puissamment les hommes de ton clan. Pour certains d’entre eux et tu dois le savoir déjà, il ne manque que peu de choses pour qu’ils puissent eux aussi entamer le chemin qu’il t’est maintenant demandé de poursuivre plus avant !

– Je dois partir ? Mais où ?

– Maintenant que ta part animale est comblée, pars à la recherche de ta richesse intérieure. Ton interrogation renseigne sur le fait qu’il est grand temps pour toi de te mettre en route !

– Mais concrètement, comment dois-je faire ? Tu semble affirmer tout et son contraire ! Tu me dis qu’il faut que j’enseigne mes savoirs et en même temps il faut que je parte pour chercher une autre richesse plus à l’intérieur ? J’avoue ne pas comprendre !

– Cher ami, hôte de choix, je ne te demande pas de partir d’ici. En réalité, depuis ici même tu peux te rendre où je suis allé avant toi et d’où l’on ne rentre pas puisque c’est le véritable chez soi ! Tu parles de terre extérieure, je te parle de terre intérieure !

– Ah, c’est ça ! J’ai déjà entendu parler de cette terre promise et je dois t’avouer que je me suis toujours dit que je l’avais trouvée, ici en ces terres fertiles !

– Non, ce n’est pas de celle-là dont je te parle, tu t’en doutes maintenant. Mais bel et bien de celle que l’on ne peut voir avec nos yeux, celle que l’on ne peut pas entendre avec nos oreilles, celle que l’on ne peut pas toucher avec notre corps, celle que l’on ne peut pas sentir avec notre nez et celle que l’on ne peut pas goûter avec notre langue ! Je te parle donc de cette terre à l’intérieur de nous, cachée à nos sens, mais aussi réelle que la terre extérieure qui constamment trompe nos sens.

– Mais, comment peut-on voir l’invisible ?

– Eh bien, c’est simple : tout ce qui t’appartient en dehors de toi, se retrouve de façon symbolique en toi et est aussi ce dont tu as besoin pour t’accomplir vraiment. Tout ce qui est matériel nourrit ton corps, tout ce qui est symbolique nourrit ton esprit. Tu es riche de bétails, observes les bien, ceux-ci t’enseignent une réalité qui remplira ton être et ainsi tu seras complet, ton corps sera rassasié de chair, ton esprit de connaissances !  Tu es riche de l’amour des tiens, regarde les bien, ils sont auprès de toi pour certains ou sont venus par toi pour d’autres, afin de t’enseigner des éléments essentiels concernant la moitié de toi vers laquelle tu dois aller pour t’accomplir en entier. Tu es considéré comme un sage à l’extérieur de toi, les gens pensent que cette sagesse est le regard que tu portes sur les choses et les êtres et que c’est elle qui te donne ainsi la connaissance dont tu disposes, alors que ce sont les regards qu’ils posent sur toi qui leur donnent les réponses dont ils ont besoin. Ils reconnaissent en toi ce qu’ils ont en eux et toi, tu reconnais en eux ce que tu as en toi. Voici comment cela se passe lorsque l’on est coupé en deux et voici ce qu’il te faut comprendre pour être enfin complet.

– Mais comment fait-on une chose pareille ? Comment passer de l’eau claire au lait miellé ?

– Très beau symbole et te voilà déjà en route ! En effet, te désaltérer d’eau seulement ne te suffit plus désormais. Pour entamer ta marche vers toi même, il te faut une substance primordiale nutritive mélangée à l’amour pur.

– Je connais cette étrange image, je sais sa signification ! Mais j’ai été trompé alors, car il me semblait que je consommais déjà ce met précieux et délicat.

– Là encore, consommer n’est pas être ! Et consommer sans être est une affaire animale. Il faut en passer par là, mais il ne faut pas en rester là.

– Je comprends l’ami, mais arrête de me faire languir ! Je te le demande une fois de plus : comment faire pour effectuer ce retournement dont tu m’as parlé plus avant ?

– C’est simple, sers-toi de ce que tu as déjà en toi ! Lorsque tu sens à l’intérieur de toi une force parfois, je veux parler de celle qui te permet d’effectuer certains actes, même les plus anodins, de façon naturelle et parfaitement alignée avec la personne que tu es dans le fond, eh bien, dans ces moments-là, tu touches à ton essence, c’est là que tu aperçois la terre promise, c’est ainsi que tu entends en toi les chants d’allégresses de l’enfant prodige qui retourne enfin chez lui !

– C’est incroyable l’ami ! Je vois maintenant de quoi tu parles ! Ce chemin a l’air tellement attractif et fabuleux et c’est avec plaisir que je vais l’emprunter…

L’homme fut coupé dans ses dires car à ce moment-là, sa femme rentra sous la tente pour apporter les mets qu’elle et ses filles avaient préparés pour le repas…

 

***

à suivre…

 

Et vous, qu’auriez-vous demandé à l’homme en blanc ?