Une prise de conscience drôle et pas grave !

L’effet de distanciation.

Connaissez-vous ?

C’est une notion importante en ADV.

Je vous dis souvent que le mieux pour voir ce qui se passe dans notre vie c’est de prendre du recul, de la hauteur, changer de perspective, de point de vue ! C’est en effet parfois, grâce à cela que l’on peut se rendre compte de ce que peuvent produire les habitudes sur nous, de ce que la routine peut nous faire faire sans nous en rendre vraiment compte.

Souvent, le confort d’une vie bien rodée peut nous faire oublier que nous existons pour nous-même aussi !

Voici une petite anecdote que donne le docteur Olivier Soulier qui travaille depuis 20 ans sur les sens et les symboles du corps et de la vie. Le travail du Dr Soulier est merveilleux et je vous conseille d’aller le rencontrer sur son site dont voici le lien : Sens et symboles.

C’est donc dans une de ces publications qu’il explique, entre autres, cet effet de distanciation.

Voici l’anecdote qu’il a vécue qui illustre cela :

« Une maman de quatre enfants est venue le voir en consultation. Elle lui avoua être une grande mangeuse de sel. Elle lui dit qu’elle rajoute systématiquement du sel à chaque assiette, avant même d’avoir goûté.

Quand elle sert ses enfants à table, elle rajoute aussi toujours du sel dans leur ration. Ses enfants comme la plupart des enfants, veulent commencer à manger dès qu’ils sont servis, et la maman leur dit : « attention, c’est chaud ! » tout en leur mettant du sel dans l’assiette.

Un de ces enfants, un jour, lui dit en buvant son bol de chocolat : « maman, c’est chaud. Il faut mettre du sel ! »

C’est là qu’elle a compris qu’il avait fait une association entre c’est chaud et le sel qui, pensait-il, refroidit !!

Les enfants avaient fait un lien de cause à effet entre le sel et le refroidissement des aliments. Ceci est devenu une croyance pour eux.

La mère a dû, pendant des mois, leur répéter que :

« Non, le sel ça ne refroidit pas ! »

car les enfants étaient persuadés du contraire ! »

Outre le fait que cette maman a mis dans la tête de ces enfants une croyance sur » le sel qui refroidit » -alors que naturellement, le sel fait plutôt le contraire- cette histoire nous montre aussi que si son enfant ne lui avait pas demandé de rajouter du sel dans son bol de chocolat, jamais elle n’aurait fait le lien avec son comportement et compris ce qu’il induisait dans la tête de ses enfants !

C’est l’incongruence de la demande qui lui a fait réaliser que ce qu’elle faisait machinalement, automatiquement, dans le ronron confortable de l’habitude, était peut-être inadéquat, en tout cas, a amené chez son enfant, une demande inadéquate, issue d’une croyance inadéquate. 

C’est souvent ainsi.

Il faut que tout à coup quelque chose de différent surgisse, qu’un grain de sable vienne gripper la machine. Parfois, cela se fait lors de petites réflexions anodines comme dans cet exemple, parfois, il faut une discussion, parfois il faut un évènement choc !

Parfois aussi c’est grâce à l’art, à une histoire, à une lecture, où des gens expriment ce qu’ils sont, parlent et écrivent sur leur vie, différente de la nôtre, que nous trouvons cet électrochoc, cette prise de conscience. Nous pouvons y voir la différence entre ce que nous vivons et ce qu’ils vivent et nous pouvons nous rendre compte de ce qui va et de ce qui va moins bien.

C’est l’effet de distanciation.

Sans ces interactions fortuites ou voulues, avec ce qui est différent de nous, sans cette curiosité, sans un minimum de respect et de joie d’aller à la rencontre de ce qui nous est inconnu, il est difficile de prendre le recul nécessaire et suffisant pour apprendre des choses sur nous, pour connaître notre fonctionnement et nos croyances.

D’ailleurs, parfois, les grands changements dans une vie se décident à la suite d’un étonnement et d’une nouveauté. Et sont suivis quasiment toujours par une grande joie !

Nous sommes des systèmes apprenants. Nous sommes faits pour apprendre, nous ne cessons d’apprendre jour après jour… juste ouvrir les yeux sur cela.

Avez-vous déjà vécu cet effet de distanciation qui permet de révéler certains fonctionnements automatiques ?

 

NB : C’est Bertolt Brecht, (1898 – 1956), dramaturge, metteur en scène, critique théâtral et poète allemand du XXième siècle qui, semble-t-il, a parlé le premier de l’effet de distanciation.