Trois raisons qui peuvent faire capoter un projet

(Version audio en fin d’article)

 

Voici trois raisons, mal connues, peu souvent révélées et qui peuvent faire capoter n’importe quel projet.

Comme vous allez le remarquer, ces raisons ne sont pas extérieures à nous. Elles sont au contraire créées par nous, elles viennent de l’intérieur.

 

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Voici l’histoire de Mélodie. Cette histoire est uniquement là pour vous brosser le tableau, un exemple parmi tant d’autres, d’un projet qui sans un travail sur soi, n’aboutira jamais :

 

Mélodie est une jeune femme qui travaille depuis plus 9 ans et demi dans une agence immobilière où elle effectue le travail d’agent immobilier. Elle prospecte des biens à vendre, elle contacte les vendeurs, elle signe des mandats, elle rédige et met en mot des annonces alléchantes, elle organise des visites pour les futurs acheteurs, elle négocie les prix avec les uns et les autres, elle peut même lâcher, de son propre chef , du lest par rapport aux commissions et autres frais d’agence ! Et Mélodie s’en sort vraiment très bien. Son style, tout en douceur, plaît beaucoup dans ce milieu plutôt rude…

Mélodie aime beaucoup ce qu’elle fait, et elle a un rêve qui est sur le point de se réaliser. Elle veut ouvrir son agence immobilière. Elle veut être indépendante, elle veut être chef d’agence. Il ne lui manque plus que six mois en fait pour pouvoir avoir l’expérience qui lui faut pour obtenir sa carte professionnelle, sans laquelle, elle ne peut pas exercer.

Et ainsi, proche du but, elle commence à se dévoiler, à parler, notamment à ses proches, amis et familles, de son rêve d’indépendance et de responsabilité, qui pour elle rime avec liberté.

L’accueil qui est fait à cette annonce est pourtant loin de lui remonter le moral. Les premiers sceptiques font entendre leur voix.

– Mais enfin, tu n’y penses pas sérieusement quand même, tu ne peux pas faire ça ! Toi qui connais ce métier, tu vois bien comment c’est dur maintenant, dans la conjoncture actuelle !

– Et puis, là où tu travailles, tu as un fixe ! Au moins même si tu ne vends rien, et cela t’est déjà arrivé je le sais, tu peux payer ce que tu dois dans le mois. Par contre, si tu as ta propre agence, alors là cela ne sera plus du tout la même chose !

– En plus, ma pauvre, tu ne sais pas dans quoi tu te lances ! Tous les papiers administratifs qu’il va te falloir, rien que pour t’installer ! C’est démentiel ! Tu n’as pas fini de galérer tiens !

– Et puis, je me suis toujours demandé ce que tu faisais dans ce milieu de requins. Tu es tellement douce toi, cela m’étonne même que personne ne t’ait pas déjà mangée toute crue ! Tu dois te shooter pour tenir le choc non ??

– Nous, on te dit ça parce qu’on t’aime et qu’on n’a pas envie que tu échoues !

Et, parce que, elle aussi aime profondément les gens qui lui parlent ainsi, elle pense que dans le fond, ils ont raison. Alors elle commence à douter du bien-fondé de son rêve.

Elle est à trois mois maintenant de donner sa lettre de démission, mais les discussions en elle font rage. Et celles-ci consistent uniquement à repasser en revue tous les arguments que ses proches lui ont déjà assénés. Et maintenant, elle est convaincue du bien-fondé de ceux-ci.

Avant même d’avoir commencé quoi que ce soit comme démarches, elle enterra son rêve de chef d’agence.

Pourquoi a-t-elle abandonné si vite ? Pourquoi fut-elle sensible aux arguments de ses proches et de ses amis, qui pourtant ne sont pas du tout dans le milieu ?

 

Elle ne sait pas, mais nous pouvons avancer au moins trois explications (parmi tant d’autres) que voici. 

 

  • Une toute simple, est que la matérialisation de ses doutes les plus profonds sont apparus à elle, dans les personnes de son entourage. Car, certaines personnes écoutent leurs proches, mais n’abandonnent pas, signe qu’elles n’ont pas d’incertitudes face à ce qu’elles veulent réaliser. D’autres écoutent leurs proches et abandonnent. En général ce sont celles qui pensent qu’elles n’arriveront pas à atteindre leur objectif, ou qui ne sont pas assez motivées.

Il n’y a pas de hasard, Mélodie est allée chercher des conseils de personnes sceptiques et les a pris pour acquis, tout simplement parce qu’elle-même ne croit pas en son projet. Dans le fond, elle est sceptique elle aussi. Les gens n’ont fait que la réconforter dans le fait que finalement, son rêve n’est pas « si bien que ça » pour elle, en tout cas, il n’est pas assez motivant. Elle y croit « moyen moyen ». Et donc, dès la première personne qui émet une crainte, cela sonne le glas du projet.

Il faut rajouter quand même, que Mélodie a entendu aussi quelques-unes des personnes qu’elle a croisées lui dire :

– Allé Mélodie, c’est une super idée ! C’est vraiment génial ! Tu as tout ce qu’il faut pour y arriver ! Tu vas faire un malheur c’est sûr, cela va marcher du tonnerre, toi qui connais bien le marché et qui a toute cette expérience derrière toi ! Tu seras parfaite c’est sûr !

Mais ce discours-là, elle l’a entendue comme si elle avait des cotons dans les oreilles. Cela n’a pas du tout retenu son attention, ou si peu…

 

  • Une autre explication au fait qu’elle a abandonné si vite, est disons, plus constitutive à ce que nous sommes, à la façon dont nous fonctionnons. Dans notre cerveau archaïque, nous avons le programme de survie qui y est encodé. Et la survie, dans la jungle hostile des premiers hommes, passait par le groupe. Seul, un homme était quasiment sûr de se faire tuer. Ce n’est pas une solution gagnante pour le cerveau, ce n’est donc pas la solution qu’il a retenue pour répondre à sa raison d’être : la survie. Le fait donc de faire quelque chose qui pourrait déplaire ou ne pas répondre aux règles édictées par le groupe, met l’individu en danger puisqu’il risque de se retrouver seul. Donc en danger de mort, réelle en ce qui concernait les premiers hommes, virtuels, imaginaires ou symboliques en ce qui nous concerne maintenant le plus souvent.

Pour en revenir à Mélodie, elle a bien compris que le fait de s’installer va l’éloigner des autres, plus exactement de ses proches, qui eux sont plutôt contre son projet, pour toutes sortes de bonnes raisons qui leurs sont propres, et qui résonnent parfaitement chez Mélodie aussi. Et puisqu’elle le vit en ces termes, elle ne peut pas aller jusqu’au bout, même avec toute sa bonne volonté… même si sa réputation, pourtant puissant moteur chez certains, est en jeu.

 

  • Enfin, ce qui peut jouer aussi parfois, issu de notre éducation, c’est notre besoin de permission. En effet, la grande majorité des gens ont besoin de savoir que les autres sont d’accord avec eux. Enfin, les autres… plus exactement qu’une personne, ou deux parfois, mais très importantes à leurs yeux, leur donnent la permission de faire mieux qu’elles. Je vous vends la mèche : la grande majorité du temps ce sont les parents ou une figure d’autorité.

Mélodie, comme la grande majorité des gens qui se lancent dans un projet, a besoin de la permission de faire mieux que son clan, que son père et sa mère, que ses frères et sœurs mêmes ! Si elle n’arrive pas à obtenir leur assentiment, en leur demandant directement du soutient, ou encore, si elle ne peut pas le faire, grâce à des jeux de rôles* tous simples, ou en dernier ressort, si elle ne sait pas qu’elle peut se la donner elle-même, là, toute seule, alors, elle ne pourra pas aller plus loin… Quelque chose en elle fera barrage.

* Les jeux de rôles consistent à rassembler autour de nous tous les membres de notre famille de façon symbolique, grâce à des amis. Untel joue le rôle du père, tel autre la mère, l’autre encore, celui du frère et ainsi de suite, jusqu’à ce que la famille de sang soit rassemblée autour de la personne qui expose son projet. Le but est d’entendre de la par de ces personnes très importantes mêmes inconsciemment, des mots de soutient, réconfortants, motivants, ou toute autre formule qui permet à la personne qui veut se lancer dans un projet de le faire dans de bonnes conditions. Les amis diront uniquement des phrases très positives. Inutile de vouloir ressembler à cent pour cent au père ou à la mère inquiets pour l’avenir de la personne. Et surtout surtout, ces amis feront en sorte de faire dire à chacun des protagonistes qu’ils jouent, cette fameuse permission de faire mieux qu’eux, ou différemment qu’eux en tout cas, et de réussir cela !

Oui, il est important pour le cerveau ordinateur de trouver le moyen de déprogrammer en quelque sorte la croyance qui tient tout cela. La compréhension libère, mais seule la solution permet de passer à autre chose, si besoin est…

 

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Connaître ces trois points est donc primordial pour ne pas se sentir stopper dans son élan, même si le projet nous tient beaucoup à cœur. Parfois, nous avons la sensation d’avoir un boulet attaché au pied, ou un élastique géant qui nous retient et nous empêche d’avancer plus avant avec facilité et grâce.

Si tel est votre cas, vérifiez ces trois points et tout comme Mélodie, lâchez ces croyances qui ne vous appartiennent pas et qui peuvent faire capoter n’importe quel projet, si vous n’y prenez pas garde !

 

Bonne réussite à vous tous.

 

Photo : Tempete2pixel