Survie et conséquences

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Dans notre corps :

L’amygdale ou complexe amygdalien est un noyau pair situé dans la région antéro-interne du lobe temporal, en avant de l’hippocampe et sous le cortex péri-amygdalien. Elle fait partie du système limbique et est impliquée dans la reconnaissance et l’évaluation de la valence émotionnelle des stimuli sensoriels, dans l’apprentissage associatif et dans les réponses comportementales et végétatives associées en particulier dans la peur et l’anxiété. (Source Wikipédia).

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Image source : http://lecerveau.mcgill.ca

 

Notre cerveau a donc en lui un système (amygdale, hippocampe, système limbique…etc) qui traite les différents stimuli aboutissant à des réactions de peurs qui permettent de nous sauver la vie. Même si nous ne sommes pas tous les jours menacés, nous avons en nous les moyens de traiter des informations issues de situations qui peuvent nous être nuisibles.

Conséquences :

Cependant, si ceci a un aspect hautement positif, il existe aussi son pendant négatif.

Il semblerait que ce système soit aussi à l’origine de notre propension à regarder et retenir principalement, les aspects « négatifs » de notre environnement. Le complexe amygdalien nous fait donc voir à l’extérieur de nous, les côtés des choses qui nous sont hostiles et qui peuvent porter atteinte à notre survie. Or, nous et notre amygdale ne faisons qu’un, et si la peur est universelle, la « chose » qui la déclenche est toute personnelle. Détail important, qui soutient le fait suivant : ce sur quoi nous focalisons est personnel avant tout. Si nous avons peur de quelque chose en particulier, nous allons le voir partout, les informations vont arriver à nos oreilles comme si elles étaient hurlées, nous ne voyons que ça, nous ne pensons qu’à ça, ce qui aura pour conséquences de nous conforter dans nos croyances sur le sujet ! Ce mécanisme forme notre réalité que nous confondons souvent avec la réalité (qui soit dit en passant, n’existe pas…). Ce schéma fait dire à certains que ce que nous voyons à l’extérieur de nous se trouve principalement en nous. Il serait plus exact de dire que l’intensité émotionnelle qui se trouve en nous se matérialise hors de nous. Et plus la charge émotionnelle est grande, plus les événements extérieurs s’y rapportant seront perçus de façon intense, plus ce processus parlera de nous-mêmes et uniquement de nous-mêmes. (Et non d’une quelconque réalité immuable, indiscutable : mais nous l’avons déjà dit).

Nous focalisons donc sur ce que nous percevons de l’extérieur de nous et non sur ce qui existe en fait à l’extérieur de nous (pour la simple et bonne raison, et cela ne vous aura pas échappé sans doute, que tout existe à l’extérieur de nous, à savoir, une chose et son exact contraire !) Même si nous sommes des millions à être « attirés » par un événement en particulier, nous le ressentons évidemment bien différemment d’un individu à l’autre. Et, vous l’avez compris, même si les ressentis semblent identiques, dans l’absolu, il n’en est rien. Les mots qui nous permettent généralement d’exprimer ces ressentis, manquent parfois, ou paraissent inexacts face à nos émotions. Les mots semblent souvent être des synonymes pâles et sans relief de ce que nous ressentons exactement au fond de nous. Si le verbe est créateur, certains mots peuvent être considérés comme des erreurs de construction. Annick de Souzenelle nous dit que « les mots sont parfois des blessures du verbe », ce qui exprime parfaitement ce qui est dit ici.

Ce qui n’empêche pas que l’ensemble des éléments qui nous font peur, qui nous angoissent, qui montrent le danger, capte notre attention, comme par fascination, parce que nous avons en nous cette programmation vitale, issue du développement de toutes formes de vies sur terre c’est-à-dire la survie.

Ce que nos yeux voient, ce que nos oreilles entendent, ce qui est ressenti par notre peau, ce qui est goûté par notre bouche, ce qui est senti par notre nez et ce qui est pensé par notre mental, est passé par le filtre de la SURVIE. Effectivement, à quoi cela servirait-il, par exemple, de s’approcher d’un fauve pour faire connaissance s’il se jette sur nous et nous dévore ! Pour nous rien ! Nous avons échoué, nous n’avons pas réussi à survivre à l’événement même si pour les témoins de la scène, s’il y en a, cette expérience revêt malgré tout une certaine importance ! En effet, s’ils arrivent à retirer les leçons des expériences vécues, aucun d’entre eux ne s’approchera désormais d’un tel animal* ! Et ils ressentiront même la nécessité d’avertir leurs congénères : le langage les y aidera et ce sera aussi la naissance des premiers apprentissages… La formation vient de la nuit des temps et nous a permis de survivre ; la preuve, l’humanité est encore là. Nous sommes vivants, notre cerveau sait donc nous protéger ! S’il avait échoué, aucun être humain n’aurait survécu !!

*Évidemment, ce n’est qu’un exemple, puisque nous pouvons tout de même supposer qu’aucun de nos ancêtres, même le plus abruti, est passé à côté du signe que l’animal n’avait aucune envie de discuter ni de lui apprendre quelque chose d’intéressant pour lui, surtout lorsqu’il s’est mis subitement à devenir menaçant, à rugit et à montrer ses dents acérées… Il y a tout de même des signes qui ne trompent pas, même à l’époque, mais encore fallait-il que l’humain acquière la capacité de se dire que ces comportements ne montraient pas une grande mansuétude à son égard ! Et le complexe amygdalien était là pour l’avertir. Autant dire qu’à l’époque où tout était dangereux, il devait être hypertrophié !

Nous ne serions donc pas là si notre cerveau n’avait pas bien traité les informations venues de l’extérieur, surtout celles qui menacent directement notre corps. Regardez donc un livre d’histoire et vous verrez qu’à chaque époque, pour pratiquement chaque génération passée, il y a eu des événements qui participaient directement à sur-solliciter les amygdales du cerveau : pensez en particulier aux catastrophes naturelles, aux maladies et aux nombreuses guerres ! Le cerveau par tous ces mécanismes de survie a mis en place des stratégies gagnantes qui sauvent la vie de l’espèce et de l’individu.

Il semblerait en quelque sorte que plus nos amygdales sont sollicitées, plus elles sont actives. Plus elles sont actives, plus elles sont entraînées à nous faire focaliser sur les choses qu’elles connaissent et qui sont très importantes pour nous pour notre survie, les choses que nous considérons comme négatives lorsque nous commençons à sortir du stade de la survie…

 

Nous sommes ainsi, pour la plupart d’entre nous, comme attirés par les informations angoissantes, tout comme par les images violentes dans les films par exemple. Nous n’en avons même plus conscience. Il est évident maintenant pour beaucoup que la multiplication des moyens de diffusion et la recherche du sensationnel font que les informations privilégiées par les médias sont celles qui nous donnent des sensations fortes, faisant appel à des sentiments de peurs et d’angoisses. Les amygdales sont à nouveau sollicitées par des événements plutôt négatifs alors que nous savons que tout cela résulte d’une focalisation et ne peut pas, à lui seul, témoigner de l’ensemble de l’événement ou même d’une époque.

Sachant cela, nous pourrions décider dès aujourd’hui de ne plus être menés par le bout du nez par notre cerveau automatique !

Nous pourrions donc décider que les informations doivent nous apporter, dans un premier temps, autant de bonnes nouvelles que de mauvaises. Nous devrions pouvoir exiger que les mauvaises nouvelles, si elles doivent être dites, le soient de façon moins tragique, moins mises en scène, moins sanguinolentes et moins catastrophiques ! Nous devrions exercer notre libre choix chaque fois que cela peut se présenter et boycotter dès que possible les chaînes et les journaux qui nous abreuvent à longueur d’année, d’images et de textes trashs, violents, teintés de haines et de peurs.

Nous pourrions le faire, ce n’est pas bien compliqué !

Suggestions :

Depuis quelques années, de plus en plus de personnes refusent de se laisser mener par l’angoisse et le malheur ambiant. Ces personnes décident de faire exister chez elles et autour d’elles, les aspects positifs de chaque événement, le bonheur et les belles choses que la vie nous offre. Il existe de nombreuses initiatives, sur internet avec des blogs ou des sites diffusant uniquement de bonnes nouvelles, mais aussi des journaux et divers livres qui ne font apparaître que des nouvelles positives ou encore des émissions et des films qui nous détendent dans la bonne humeur !

Loin de fermer les yeux sur tout le reste, cela permet de reprendre confiance en l’humanité entière. Ayant à nouveau confiance en l’humanité, c’est en nous-mêmes et en nos propres ressources et capacités à nous en sortir par nos propres moyens que nous faisons appel. Petit à petit, nous contactons une partie importante de notre évolution personnelle : nous passons du stade survie, où nous sommes à la merci de tout et de tout le monde et surtout des éléments extérieurs à nous, au stade vie, où nous sommes les maîtres créateurs de notre propre existence, où nous construisons les conditions indispensables à notre subsistance sans attendre que quelqu’un d’autre s’en charge. C’est ainsi que nous prenons ou pour les plus chanceux, reprenons confiance en notre capacité d’adaptation, car nous avons confiance en nous tout simplement ! Lorsque nous commençons à voir ainsi l’existence, il est un fait que nous cherchons autour de nous des exemples et des moyens de consolider notre indépendance et notre capacité à trouver des solutions à chaque défi que nous rencontrons, plutôt que de passer notre temps à nous battre contre ce que nous appelons systématiquement, des problèmes.

Le merveilleux existe aussi, le monde et les gens ne sont pas si noirs et si mauvais, beaucoup de belles choses et de belles initiatives se construisent chaque jour de par le monde. Il suffit d’y mettre le focus, de zoomer dessus et de l’intégrer dans notre vie.

Notre cerveau ordinateur saura se reprogrammer petit à petit avec des choses plus sympathiques et notre amygdale sera de ce fait bien moins sollicitée et donc bien moins active !!

Pour voir cela, nous n’avons pas à faire un grand effort. Juste une décision à prendre : consommer l’information écrite, les émissions et les films qui nous servent, qui nous font du bien, qui nous sortent la tête de l’eau, qui nous font rêver et croire en l’humanité. C’est possible. De la même manière que nous choisissons pour nos repas la meilleure nourriture possible, choisissons pour notre cerveau, la meilleure nourriture mentale possible.

Relevons le défi d’un monde plus beau et plus positif et que ce monde commence par nous-mêmes.