Pourquoi parfois, chasser le naturel, le fait-il revenir au galop ?

Photo flickr.com de Lali Masriera – Titre de la photo : « mishima : la forma d’un sentit »

Vous connaissez tous l’expression : « chasser le naturel, il revient au galop » ? Et parfois, vous avez sans doute pu en vérifier la véracité ! 

D’autant que les actualités nous interpellent à ce sujet. Tenez, au hasard, prenez le retour il y a peu, d’un certain homme politique dans les médias… La question qui, en tout premier occupée les esprits à son sujet, était : a-t-il vraiment changé ou pas ? Et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a suscité des réponses bien différentes.

Le principal intéressé l’affirme :

- Oui, j’ai changé !

Cependant, bon nombre « d’observateurs » (dont la principale activité est d’observer, je présume… mais finalement, ils commentent aussi !) ont donné l’avis inverse :

- Non, il n’a pas changé ! Son tempérament fougueux a refait surface, le débit, le ton de voix, les mouvements incontrôlés des épaules, tout ça prouvent qu’il n’a pas changé et de toute façon, « chasser le naturel, il revient au galop ! »

J’avoue, c’est à cette occasion que j’ai à nouveau entendu cette expression que je pensais désuète…

Mais je m’arrête là avec cet exemple, parce que « je rappelle que nous parlons d’adv, et l’adv ne fait pas de politique allons voyons ! »

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Attention, grosse digression si vous permettez : je vous ai épargné Julio Iglesias (non ! j’é né pas changééééé…), mais je ne peux pas paraphraser le célèbre sketch « Le schmilblick » de Coluche sans leur rendre hommage… au sketch et à Coluche bien sûr !)

Donc, et là, je me retourne vers les plus de -ouille, ça va faire mal !- quarante ans bien sonnés…

Vous avez sans doute reconnu, la célèbre réplique que Guy Lux (Re-Aïe !) faisait à Simone Garnier (hein ?! Mais qui est-ce au juste ?) dans ce célébrissime sketch de Coluche (oui, les enfants, le papa des « restau du cœur » ! Ouf, il n’est pas tombé aux oubliettes lui au moins…).

Cliquez ci-après et riez : cent pour cent garanti !

Le Schmilblick

Ça y est ? Vous êtes de retour ? Alors, ça fait du bien n’est-ce pas ? Pour la petite histoire, lorsque j’étais petite (oui, quand même, je n’ai pas encore cent ans !!), mon grand frère l’avait acheté en disque vinyle 45 tours, je vous jure que c’est vrai !! Je le connais donc par cœur et je ne m’en lasse pas une seule minute !

Bon, maintenant, laissez-moi ramer un peu pour raccrocher avec le sujet de l’article… Ah oui, je sais (soyez indulgents) :

Donc, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos chevaux puisqu’ils sont censés revenir au galop ! (Pardon !)

***

Donc, lorsque l’on entend quelqu’un affirmer que « chasser le naturel, il revient au galop », on fait référence au fait qu’il est difficile de changer vraiment.

Pourquoi ?

Replongeons-nous, une fois de plus, dans le fonctionnement du cerveau-ordinateur : il effectue des programmes qui sont préenregistrés pour la plupart. Ces programmes agissent bien malgré nous parfois…  

L’on peut même dire que : 

- Le naturel est une affaire de programme, d’inconscient et d’émotions, 

- Le contrôle est une affaire de volonté, de conscient et de mental.

Et ces deux plans ne fonctionnent pas de la même manière… c’est le moins que l’on puisse dire !

Donc, si vous avez toujours agi d’une manière bien précise, sans forcément que cela soit conscient, ou que cela fasse suite à une décision mûrement réfléchie, c’est que vous avez un programme qui vous y pousse. Même si cela vous dessert fortement, vous pensez ne pas pouvoir faire autrement. Cyniquement, on pourrait même dire que c’est facile pour vous, cela a un côté « naturel ».

Si par cas, vous décidez que ça suffit, que vous ne pouvez plus vivre de cette façon, vous pouvez alors décider de changer et dans de nombreux cas, cela se passe à peu près comme suit :

-  vous vous dites que vous allez faire des efforts sur vous-même, autrement dit, vous allez faire appel à votre volonté. Vous allez vous surveiller pour vous corriger dès que cela est nécessaire. Et cela va marcher… un temps seulement… Parce qu’il n’y a rien de plus inconstant que la volonté lorsqu’elle est contrainte ! Il suffit d’une complication supplémentaire dans votre vie, un imprévu, pour que votre belle volonté se fissure. Vos vieux mécanismes se remettent alors en place. Et rien à voir avec une quelconque faiblesse de votre part, non ! C’est juste une question de survie. Votre cerveau ordinateur, devant l’urgence émotionnelle de gérer une chose de plus, ne peut pas vous donner le loisir d’accaparer une once d’énergie supplémentaire pour faire autre chose que de régler cette illusoire urgence ! Vos anciens schémas de fonctionnement vont donc réapparaître. Ce qui fait dire, et à juste titre : « chasser le naturel, il revient au galop… » Voilà l’histoire !

Mais alors, me dites-vous, impossible de changer ?

Ce serait le comble si ladv faisait un constat aussi catastrophique ! Évidemment que nous pouvons changer !

Mais si nous le voulons vraiment, il n’est pas judicieux de faire appel à notre volonté, car si celle-ci est utile, voire indispensable lorsqu’elle est couplée à un projet, elle s’avère totalement inutile, voire nuisible lorsqu’elle accompagne un problème ! Donc pour mettre un maximum de chances de notre côté afin de voir évoluer notre situation, deux mécanismes sont à notre disposition :

- la prise de décision,

et

- le changement de pensées.

D’abord la décision : ladv croit énormément en la force des décisions. Une décision est un cap que l’on prend, et par extension, elle désigne un chemin à emprunter. Une décision prise en conscience ouvre la voie. En revanche, et pour l’instant, qu’elle soit bonne ou mauvaise, c’est une autre histoire ! Bien sûr, il vaut mieux qu’elle soit positive, utile et aidante, mais même si tel n’est pas le cas, une décision reste une décision. Lorsqu’elle est prise, elle amène quelque part et lorsque vous apercevez les côtes du pays vers lequel elle va vous débarquer, ce n’est pas le moment de flancher, de se plaindre et de regretter. Si l’accueil est hostile, mieux vaut s’adapter que de pleurer sur son sort, et se dévaloriser. Si l’accueil est chaleureux, réjouissez-vous, profitez et continuez votre route… vers une autre décision peut-être ?

Puis les pensées. Là réside le véritable changement. Parce que vous le savez maintenant, un programme est une croyance, et une croyance n’est rien d’autre qu’une pensée entretenue… Votre travail, si vous l’acceptez, c’est de savoir quelles sont vos véritables pensées sur un sujet donné, et en remontant logiquement l’affaire, quelles sont vos croyances et donc vos programmes qui soutiennent le tout. Et, en changeant les pensées, vous pouvez changer vos croyances… quelques petits exercices de reprogrammations plus loin, et vous êtes quelqu’un de neuf !

En résumé, pour changer vraiment et faire en sorte que ce qui n’était pas naturel le devienne finalement, vous avez compris ce qu’il vous reste à faire !

Non ?

Alors, permettez-moi de faire appel à une sommité de la psychanalyse. Je veux parler de Carl Gustave Jung (s’il vous plaît !) qui a eu l’occasion de dire, je cite :

- « Ce n’est pas en contemplant la lumière que l’on devient lumineux, mais en portant son regard sur sa propre obscurité, ce qui est beaucoup plus impopulaire parce que beaucoup plus difficile. »

En d’autres termes, ce n’est pas en regardant tout ce qui va bien (ou ce qui va mal d’ailleurs !) à l’extérieur de nous que nous allons changer vraiment, mais c’est en nous tournant vers notre intérieur, dans ses recoins les plus sombres, et plus exactement, en travaillant sur nos programmes inscrits dans notre cerveau-ordinateur que les choses s’éclairent d’un jour nouveau… « ce qui est beaucoup plus impopulaire parce que beaucoup plus difficile »… ça, ladv n’aurait pas mieux dit !! 

Waouh ! Ladvjung, cela à de l’allure non ? :) (J’hésitais avec : La Carl Ladv, c’est la classe, non ?) :)

Bref, je suppose que cette phrase donne bien d’autres enseignements, mais une chose est sûre, seul le travail sur sur soi-même, sur ce qui nous fait vraiment agir, sur nos programmes profonds, sera le gage de pouvoir entendre les vieux chevaux mécaniques s’éloigner de nous, une fois pour toutes, au grand galop !

Hé oui ! Je vous aurais tout fait !! :)