Pour ce Noël, un conte personnel

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Pour ce Noël, je voudrais vous présenter un conte pour tous les enfants de 7 mois à 117 ans ! Oui, il est temps de réactualiser les tranches d’âges normales d’apprentissage !  ;-)  Ce conte est un voyage initiatique, un exemple évidemment, car il ne faut pas oublier qu’il y a autant de chemins qui mènent vers soi qu’il y a d’individus sur terre. Chacun a ses propres épreuves, obstacles, problèmes (même si ce dernier mot est employé de façon souvent très exagéré en fin de compte, et vous le comprendrez en fin de conte…  :-)  )

Oui, parce qu’il faut se le dire : dès que nous arrivons sur terre, nous nous mettons en route. Consciemment ou inconsciemment, nous sommes sur le chemin qui nous ramène vers nous, vers notre être profond et essentiel. La seule chose qui différencie celui qui sait de celui qui ne sait pas, c’est que pour celui qui sait, tout est indéniablement plus facile, car il met du sens à ce qu’il traverse. Sans forcément être hyper préparé, hyper entrainé, il sait que la montagne qui se dresse face à lui n’est pas là pour rien, il sait que le ravin qu’il devra contourner n’est pas mis là uniquement pour l’enquiquiner, il sait aussi que s’il tombe à l’eau, il ne doit pas chercher à remonter le courant puissant qui l’emporte, mais au contraire, faire avec lui et se laisser mener tout en ne renonçant pas à reprendre sa route initiale si celle-ci est vraiment primordiale pour lui. Il comprend alors que le trajet sera plus long, que les rencontres seront plus nombreuses, que ses apprentissages seront plus riches par rapport à ce que son imagination lui avait suggéré. Mais il s’en fiche ! Car il sait que le détour en vaut la peine. En d’autres termes, celui qui sait qu’il va vers lui a la chance de comprendre que les épreuves ne sont que des aides et qu’il a les moyens d’en saisir le sens, et, tels les héros des contes légendaires, il a une longueur d’avance !

Mais comment distinguer le chemin ?

En fait, c’est comme si nous devions partir seuls sur le sentier de la terre promise, qui est notre terre intérieure, magnifique, sereine, fertile et abondante. Et, durant ce long cheminement, nous croisons des énigmes, des épreuves, des « combats » que nous devons mener non pas contre, mais avec ce qui se présente, ce qui fait toute la différence. Nous venons à peine de quitter le nid douillet et rassurant de notre zone de confort, qu’au détour d’une ruelle, nous nous retrouvons face au chien errant et affamé de l’absurdité : apprivoisons-le, et intégrons-le, il a forcément son utilité dans notre quête. Puis à l’orée de la clairière, se dresse, immense et rugissant, l’ours de la peur : comprenons-le et domptons-le, nous n’en serons que plus grands. Ensuite, dans la clairière, nous tombons nez à nez avec le serpent du mensonge, dont nous devons extraire le venin afin de l’avaler. Et, pour neutraliser l’effet de cet infâme liquide avant qu’il ne nous brûle de l’intérieur, nous devons faire confiance à l’étrange petit être qui n’a pas cessé de nous regarder, caché derrière un chêne majestueux. Cette créature rieuse, mais peureuse nous tend alors une fiole et nous fait signe de la boire d’un coup, jusqu’à la dernière goutte. Avant d’obéir, nous lisons sur l’étiquette : « Bon sens et probité », « contre poison du serpent mensongeux ». Sans plus attendre, nous buvons le breuvage verdâtre, nous regardons en direction du chêne et il n’y est plus ! Plus de chêne, plus de créature non plus ; à la place, de la mousse confortable. Mais nous ne pouvons pas perdre de temps, nous lover sur ce tapis moelleux, même si nous en avons très envie ! Nous devons continuer notre route. Là, nous sommes agacés par de nombreuses bestioles qui rampent, qui courent, qui volent, qui luisent, qui disparaissent et réapparaissent sans cesse, nous empêchant d’avancer, nous entravant les pieds, nous piquant les jambes et les bras, nous voilant la vue. Chaque fois, impossible de lutter et impossible de faire sans elles. Nous devons négocier avec ces forces-là, insaisissables et incontournables. Mais nous nous apercevons avec émerveillement que plus nous comprenons leur façon de fonctionner, plus nous pouvons anticiper ce qu’elles veulent et le leur donner avant de subir leurs attaques fulgurantes ! A la fin, cela va vite, ce que nous considérions comme des entraves n’en sont plus, et ô miracle, elles deviennent même des aides précieuses, nous permettant de faire corps, d’être en phase avec ce qui nous entoure. Un peu plus loin, au plus profond des bois, il se peut que nous soyons si fatigués que nous ayons besoin de l’aide de certaines bonnes fées ou de plusieurs gnomes magiques. Par leurs seules présences et leurs bons mots, ces êtres fantastiques auront tôt fait de désaltérer et rassasier nos corps afin de nous permettre de cheminer à nouveau, plus forts qu’avant. Puis, alors que nous pensions sortir de la forêt dense, nous sentons, juste au-dessus de nous, le souffle brûlant d’une bête énorme : le dragon du manque est là, immense ! Cet animal implacable, il nous faut le terrasser, nous n’avons pas le choix ! Le combat avec cet être magnifique ressemble à une danse héroïque. Nous devons lui faire comprendre, en pensées, en actes et en preuves, que nous sommes bien plus grands que n’importe quel problème, que si nous ne manquons pas à notre parole d’aller vers nous, jamais rien ni personne ne nous manquera ! Nous devons nous montrer plus forts que lui, en étant plus confiants en nous que nous ne l’étions l’instant d’avant. Il nous fait douter de notre être invincible et immense et de l’existence même : il teste ainsi notre capacité de résistance à la facilité de baisser les bras, de faiblir la garde, de sombrer dans un état de sacrifié qui n’a plus rien et ne peut plus rien, ni pour lui, ni pour les autres. Mais, bientôt, face à notre détermination sans faille, notre assurance confirmée, il s’effondre, le nez à terre, le souffle coupé. Soulagés, nous sautons de joie et nous lui rendons hommage ; quel magnifique animal, il nous a tant appris sur nous ! Nous pouvons alors regarder vers notre nouvel horizon, car, il nous semble que cet événement constitue la dernière étape de notre périple. En effet, nous voyons au loin notre terre promise, généreuse et éternelle. Le cœur léger et rempli de confiance, nous nous élançons alors hors des bois, et dans notre course folle, nous ne voyons pas les sables mouvants qui s’étendent à nos pieds ! Trop tard, nous sombrons déjà, comme absorbés par une orgueilleuse bouche géante. Nos cris n’y font rien, personne ne vient à nous. Dans un ultime effort cependant, nous attrapons une brindille d’herbe qui dépasse et contre tout ce que nous avons cru jusque-là, nous nous apercevons qu’en apparence fragile, cette tige tient bon. Prudemment malgré l’urgence, nous tirons le plus délicatement que nous pouvons sur l’herbe salvatrice. Et, ça y est ! Nous nous hissons hors de ce cauchemar avide ! Un miracle ? On pourrait penser à un miracle en effet, mais celui qui a vécu cette expérience-là sait très bien de quoi il s’agit vraiment. Dans le sable mouvant, une évidence s’est fait jour : nous devons changer, nous devons nous élever de suite, dans l’urgence sinon, nous disparaissons sans savoir qui nous sommes. Voilà comment un miracle pour les uns est la nouvelle vérité pour la personne qui a vécu un tel challenge. De toute façon, c’est normal, à la fin de notre voyage initiatique vers notre terre intérieure, vers notre « chez nous », nous sommes plus en phase avec la personne que nous sommes sensés être, et qui est ladévine, merveilleuse, unique et géniale ! Quelques mètres encore, et là, un beau château se dresse. Nous avançons, les gens s’amassent autour de nous, nous faisant une haie d’honneur, ils sont tous heureux et nous acclament. Comment nous connaissent-ils ? En fait, ce n’est pas nous qu’ils reconnaissent, mais ce que nous sommes devenus. Nous rayonnons, nous ne brillons plus. Notre armure que nous devions lustrer auparavant jusqu’à éblouir l’entourage est maintenant traversée de rayons de lumière, non agressifs, mais intenses, qui viennent de l’intérieur de nous et irradient vers l’extérieur. Nous sommes lumineux de notre vérité enfin trouvée. Et au cœur du château, nous attend notre moitié, rayonnante elle aussi. Elle était là, depuis toujours ! Nous l’épousons, heureux de faire un, émerveillé d’être complet, et c’est là, dans cette terre qui maintenant est la nôtre que nous vivons heureux et que nous avons beaucoup d’enfants, symbolisant notre créativité. Ainsi alignés, nous croissons, nous nous multiplions en grandeur d’être.

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Pour finir, je vous souhaite un merveilleux, unique et génial Noël 2016 à toutes et à tous !

Bien ladévinement à vous