Pas longtemps, mais totalement schizophrène

Photo symbolique : la conscience est symbolisée par la pelouse, le champ de conscience est symbolisé par la hauteur du rectangle et les barreaux symbolisent les épisodes où la personne n’a plus accès à sa conscience. Elle est alors « en dehors de la réalité qui est habituellement la sienne, celle de son entourage et celle que la société dans laquelle elle vit, admet généralement ». Les barreaux cachent la totalité du champ de conscience de la personne, mais l’espace d’un court instant seulement… Contrairement à un schizophrène sévère où les barreaux resserrés au maximum se toucheraient, cachant complètement le champ de conscience : l’individu vit alors dans « son monde » avec ces propres règles…

(mini Maxi Schizophrénie*, concept issu des recherches de Claude Sabbah, Biologie totale des êtres vivants)

 

Définition : La schizophrénie est un trouble mental sévère et chronique appartenant à la classe des troubles psychotiques. Ce trouble apparaît généralement au début de l’âge adulte et affecte environ 0,5 % de la population. Comme les autres psychoses, la schizophrénie se manifeste par une perte de contact avec la réalité et une anosognosie, c’est-à-dire que la personne qui en souffre n’a pas conscience de sa maladie (au moins pendant les périodes aiguës). Cette particularité rend difficile l’acceptation du diagnostic par la personne schizophrène et son respect du traitement.

Source : wikipédia

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Brrrr, nom barbare et maladie angoissante pour le moins n’est-ce pas ?

Eh bien, saviez-vous que nous sommes tous à un moment donné, schizophrène ? Nous avons tous des moments dans notre quotidien, où nous perdons le contact avec la réalité « ordinaire » disons, et alors, nous rentrons dans un état où nous ne nous rendons pas compte que nous « souffrons » de perte avec la réalité habituelle justement ! Nous voudrions que les choses soient telles que nous le souhaitons, et pour cela, nous sommes prêts à tout ! Oh, bien sûr, généralement pour nous, cela ne dure pas longtemps, mais nous pouvons réenclencher très vite sur ce mode dès que le sujet qui nous fait sortir de nos gonds par exemple, ou nous rend apathique, ou nous fait faire des choses et dire des choses que nous n’avons pas l’habitude de dire ou de faire, est à nouveau évoqué…

Certains appellent cela « la mini Maxi Schizophrénie* ». Lise** nomme ce mécanisme : « être en dehors la réalité généralement admise », et elle rajoute « momentanément et pour un point précis du champ entier de conscience « (voir explications plus haut). Pour rentrer dans les détails, il faut revenir à ce qu’est la schizophrénie. Comme il est précisé dans la définition, cette maladie touche un pan entier de la conscience de la personne qui en souffre et cela peut l’amener loin. Qui n’a pas en tête l’exemple du schizophrène sévère, qui entend une voix lui demander de téléphoner quarante fois par jour à son ex et de l’attendre à la sortie de son travail comme si de rien n’était, en pensant lui faire plaisir, en croyant que cela lui prouve son attachement, en étant sûr que ce qu’il fait est tout à fait normal ! Et celui qui trouve tout à fait logique de placer son animal de compagnie dans le lave linge, pensant qu’ainsi, il sera vraiment tout propre, ou qu’il est un pull et qu’il est temps de le laver un peu ! Eh bien ! De la même façon, lorsque cela nous arrive, sans que nous soyons étiquetés schizophrènes, nous pouvons délirer quand même pas mal, en pensant en toute bonne foi, que nous sommes tout à fait sensés, et que ce que nous disons et faisons est tout à fait « normal » pour nous ! Alors que, pour les gens qui nous connaissent, cela semble décalé pour le moins ou carrément louche pour le plus ! Si censé que nous pouvons définir et connaitre parfaitement quel est l’état normal d’une personne et ce qu’est la pensée normale généralement admise ! Mais admettons que nous le sachions à chaque fois avec précision… Admettons…

Alors, pour vous donner un exemple concret, voici ce que Lise a bien voulu partager avec nous. Elle a reçu dans son cabinet une jeune femme, maman de deux adorables petits garçons, très sages…  Comme d’habitude, Lise lui a demandé la raison ou les raisons pour lesquelles elle était là. À cette question, la mère devint toute rouge et déversa des horreurs sur ses enfants ! Elle les critiqua, les rendant responsables de tous ses malheurs ! Lise vit très vite que la jeune maman n’était pas dans la « réelle réalité » ; dans ces yeux, ça se voyait qu’elle n’était plus elle-même. « Ça » parlait à travers elle, quelque chose ou quelqu’un d’autre semblait avoir pris le contrôle, et cela terrorisait les enfants. Lise n’attendit pas que la terrible diatribe finisse, elle demanda, en se levant de sa chaise et d’un air autoritaire à la jeune femme :

– Qui dit ça ?

Là, la jeune femme fut surprise. Elle stoppa net son monologue. Elle regarda Lise, médusée, mais son regard avait déjà changé. En elle, « ça » avait compris que « ça » venait d’être démasqué ! Et je ne parle pas d’une entité négative, d’un ancêtre qui hantait la jeune femme, d’un démon venu des profondeurs de l’enfer et qui s’amusait à tourmenter un être fragile pour que celui-ci puisse à son tout en tourmenter deux autres encore plus fragiles, non ! Je parle d’un enregistrement très précis, ancré sous forme de croyances sur ce que doivent être les choses et sur ce qu’elles sont, inscrit dans le cerveau-ordinateur de la jeune femme. Un point de vue unique, lui appartenant en propre, alors qu’elle était persuadée qu’il était partagé par tout le monde. Elle ne voyait pas ses excès, comme si elle n’entendait pas ce qu’elle disait vraiment. Au contraire, en toute bonne foi, la jeune femme pensait faire ce qu’il fallait pour ses enfants, comme toutes les mamans de la terre ! Cependant, sans qu’elle en ait conscience, elle déversait sur eux des horreurs dignes d’un film d’horreur justement ! En posant la question ainsi forte et déterminé, Lise se mettait au même niveau que ces puissantes croyances pourvoyeuses d’énergies destructrices, sévissant dans l’inconscient de la mère, qui d’un coup, se sentit apeurée. Puis, comme très souvent, lorsque la vérité de la personne se présente à elle, la jeune femme fondit en sanglots :

– C’est lui qui dit ça ! C’est lui, c’est mon grand-père, le père de ma mère ! Il m’a terrorisée, il a martyrisé mon pauvre père qui ne savait pas se défendre, il a menacé ma mère de m’enlever à elle si elle partait, il a brisé mes parents, il m’a eu sous sa coupe, il me parlait mal, il me rabaissait, et j’ai fini par le croire et… par l’aimer plus que tout ! Il était mon soleil, mon roi, mon héros. Il a tout enduré et tout lui a cédé. Je n’étais pas de taille, ma famille n’était pas de taille, il nous a brisés… Et je fais pareil à mes enfants parce que je ne sais faire que ça pour montrer mon amour.

Alors oui, on a le droit de penser que cette jeune femme était possédée, en tout cas, elle était sous influence et si elle n’avait pas vécu une telle chose, qui venait de bien plus loin que son grand-père, qui lui aussi naviguait dans des sphères qui n’étaient pas dans un réel communément admis, eh bien, rien de tout cela n’aurait été possible.

On peut penser aussi qu’elle était une pauvre petite victime d’un être abominable, mais ça, ça ne fait avancer personne, et ça ne rentre dans aucune des considérations ladévine ! Si cette jeune femme a été une victime à un moment donné, maintenant, elle est une adulte, et en tant que telle, elle devient responsable de son devenir. Une réparation profonde et salvatrice est toujours possible. À la clé, la libération d’une belle énergie d’amour pur est garantie pour celui ou celle qui intègre l’essence même de l’épreuve et nettoie ses mémoires !

– Mais comment faites-vous pour accompagner une personne prise dans une telle détresse ?

Lise nous répond :

– Déjà, dans ce cas-là, il se trouve qu’en une seule question, cette jeune femme est sortie de son délire ! Mais, cela ne se passe évidemment pas toujours ainsi, et tous les cas où les gens sortent de « la réalité généralement admise » ne sont pas de ce genre non plus ! Cette histoire est juste le dernier exemple que j’ai en tête. Il va de soi que c’est à ce moment-là, parce qu’il y a eu une merveilleuse prise de conscience, que le travail de nettoyage de ces mémoires peut commencer. Lorsque les gens viennent à moi, ici dans mon cabinet ils savent, en tout cas s’ils ne le savent pas, je ne manque pas de le leur rappeler, qu’ils viennent dans un endroit particulier et que l’espace de ces instants passés avec ladv, ils devront faire avec des concepts déjà bien établis. Ce que je veux dire par là, c’est que malgré le fait avéré que la vérité n’existe pas, mais qu’il n’existe que des vérités multiples, il devient évident que l’accompagnement que je leur propose, ne peut se faire que si la personne a ne serait-ce qu’une petite idée de l’endroit où elle veut se rendre ! Au moins ça ! En ce sens, il y a donc des concepts ladévins que je les mets à la disposition de tous ceux qui en formulent la demande. Le postulat est d’aller vers soi et ce faisant, d’apprendre à se connaitre. Ce qui est une condition indispensable pour vivre sa vie dans la joie la plus pure et la plus spontanée possible, ce qui est la preuve ultime que ce que nous vivons est en complète adéquation avec ce que nous sommes.

Dans l’exemple que je vous ai présenté, il faut dire que ladv a une vision, qui pour certains est totalement utopique évidemment, comme toutes les projections d’ailleurs, de ce que pourrait être l’humanité totalement accomplit. Et cela commence évidemment par le soin donné aux enfants. Donc tout ce qui touche les enfants, ceux-là mêmes qui sont censés élever les enfants de demain, n’est pas à négliger. De ce point de vue et pour ladv, il y a des vérités relatives qui sont alors incontournables et ce sont ces vérités-là que je tâche non pas d’imposer, mais de faire découvrir au fur et à mesure des rendez-vous. Parce qu’évidemment, cette jeune femme a eu une prise de conscience, c’est déjà énorme, mais étant donné la très grande charge émotionnelle qui se déverse en elle, il est évident qu’un accompagnement complémentaire, un nettoyage plus en profondeur si j’ose l’image, est à prévoir. Et comme d’habitude, lorsque je reçois quiconque qui va jusqu’au bout du bout du chemin que nous faisons ensemble, je fais en sorte de montrer tout le côté lumineux, spirituel qu’il est demandé à la personne d’acquérir pour aller plus loin encore vers son humanité profonde. En général, à quelques exceptions près cependant, j’ai la sensation d’amener la personne au tout début de son chemin, de sa voie, et c’est là que son travail le plus important, le plus transformateur peut commencer pour elle. Cependant, il est à souligner que comme tous les héros des contes légendaires, c’est un chemin solitaire et personnel, même si évidemment, ce chemin est aussi jalonné de belles rencontres aidantes entre les différentes épreuves initiatiques à traverser…

– Mais, pour amener les gens jusque là, il faut beaucoup de connaissances et beaucoup de techniques non ?

– De l’amour, il faut principalement de l’amour, mais pas n’importe lequel non plus ! Je veux parler de celui qui rayonne, qui sort de soi et non celui qui vient de l’extérieur et ne fait briller que l’ego ! Ça tombe bien, je m’aime et je tiens à préciser que c’est un travail personnel intense pour en arriver à cette conclusion ! Cela ne se fait pas du jour au lendemain, enfin, en tout cas, pour ma part, cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, je peux en témoigner !! Du coup, parce que je me donne une certaine qualité d’amour et parce que je reconnais en moi la personne merveilleuse, unique et géniale qui est là, j’aime ce que je fais, du coup, j’aime les gens, j’aime les accompagner et les voir évoluer, changer et devenir de belles personnes, merveilleuses, uniques et géniales ! Dans ces conditions, je ne vois pas quelle plus belle activité je pourrais rêver de faire !!

– Merci, Lise, pour toutes ces précisions, c’est passionnant vraiment !

– J’ai cru comprendre que nous nous revoyons bientôt ?

– Oui, pour le prochain article ! Je voudrais justement que vous nous parliez plus en détail d’une de vos prises en charge, un jeune homme, je crois, avec lequel vous expérimentez une nouvelle forme d’accompagnement si j’ai cru comprendre ?

– Hum, je vois de qui vous parlez. Je ne l’ai pas encore sollicité à ce sujet. Évidemment, si vous voulez écrire sur lui et son histoire, il vous faudra son accord complet !

– Bien sûr, et peut-être sa participation ?

– Ah, ça, je peux effectivement lui proposer, mais je ne vous promets rien…

– Non, bien sûr ! Mais s’il accepte, ce serait super !

– Je vais lui poser la question.

– Merci encore, Lise, et à bientôt alors !

– Oui, au revoir !

 

*mini Maxi Schizophrénie : concept issu des recherches de Claude Sabbah, Biologie totale des êtres vivants

*Lise, accompagnatrice en adv et personnage principal de « Incarcération cérébrale » qui a eu la gentillesse d’accepter d’intervenir dans ce blog pour une série d’articles.