Le chêne et le roseau

 

Vous connaissez tous cette fable de Jean de la Fontaine ( très célèbre poète français, né en 1621 et mort à 74 ans en 1695) tirée de l’oeuvre nommée « Les Fables » écrit entre 1668 et 1694. Pour la petite histoire, ces fables furent toutes composées dans un but éducatif et moraliste, et s’adressaient notamment à la famille royale plus exactement au dauphin ou à ses proches.

En voici une en particulier qui peut signifier plusieurs choses à la fois, comme c’est souvent le cas d’ailleurs avec cette oeuvre :

Le Chêne et le Roseau

Le Chêne un jour dit au Roseau :
« Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ;
Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent, qui d’aventure
Fait rider la face de l’eau,
Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d’arrêter les rayons du soleil,
Brave l’effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.
Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n’auriez pas tant à souffrir :
Je vous défendrais de l’orage ;
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.
– Votre compassion, lui répondit l’Arbuste,
Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos ;
Mais attendons la fin. « Comme il disait ces mots,
Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l’Empire des Morts.

 

 

Apparences

Bien sûr que cela parle des apparences qui sont parfois trompeuses ! Le chêne fort et robuste ne pouvant plier face à une très forte tempête se rompt et en meurt, alors que le frêle roseau plie sous la bourrasque mais ne rompt pas !

C’est une parfaite analogie de ce que certains caractères peuvent être. En apparence la personne semble forte, mais n’en est pas moins fragile lorsque la tempête de la vie se lève et souffle fort. Tandis qu’une personne au caractère qui semble fragile en apparence à la capacité d’être souple, plie sous la pression mais se relève comme si rien ne s’était passé… A part que l’expérience de la tempête passée est là !

 

Mais pas que cela…

Vous savez, quand j’ai réfléchi sur la méthode MOAE qui donne une direction et des aides puissantes à tous ceux qui sont veulent rediriger leur vie en fonction de ce qu’ils sont au fond d’eux, j’ai pensé au chêne et au roseau.

Il est intéressant de ce point de vue, de comprendre que cette analogie peut aussi parler de qui nous sommes vraiment au fond de nous. Sans parler de plier ou de résister, cela peut être tout simplement une façon de se définir !

Qu’êtes-vous exactement ? Portez-vous en vous la force, l’assurance et la grandeur d’un chêne ou bien portez-vous en vous la force, l’assurance et la grandeur d’un roseau ?

Parce que comme il est souligné plus haut, les apparences sont trompeuses ! Nous ne pouvons pas dire avec certitude qui s’adaptera le mieux à ce qui vient.

Par contre savoir que si nous sommes un chêne il y a certains « enfants terribles », c’est-à-dire, certains évènements qui peuvent nous mettre à terre est une bonne façon de prévenir cela et d’acquérir un peu plus de souplesse par exemple. Nous ne changerons pas notre nature profonde mais nous pourrons au moins être une nouvelle race de chêne qui plie aussi bien qu’un roseau !! Un nouvel arbre en somme.

C’est pareil pour le roseau. Nous sommes soumis à des tas d’éléments extérieurs qui exercent sur nous des pressions, et nous plions !

Même si pour ma part, je préfère de loin la souplesse et l’adaptabilité du roseau qui malgré les éléments qui viennent le frapper se relève toujours, peut-être peut-on regretter son immobilisme que nous nous n’avons pas. Alors soyons le premier roseau à nous déplacer et à nous mettre à l’abri lorsque le soleil tape trop fort sur nous, lorsque le vent ou les moineaux viennent nous faire plier encore et encore… Soyons une nouvelle espèce de roseau en somme, un roseau qui apprend, tire les conséquences et agit pour vivre moins plié.

C’est tout aussi grandiose et majestueux ne pensez-vous pas ?

Je serais ravie de connaitre votre point de vue dans les commentaires.