La troisième voie

Image issu de flickr.com : Bertrand môgendre : « au pied du mur… »  Pour ne pas s’y retrouver justement !! 

 

« Les plus gentils s’en vont toujours en premier ! »

Connaissez-vous cette expression ?

Je l’ai souvent entendue dans mon enfance ! Et, comme pour tout ce à quoi l’on croit, elle s’est souvent vérifiée !

Il semble que les gens gentils, ceux qui ne font aucune vague, ceux qui sont serviables et donc corvéables à merci, ceux qui se sacrifient pour les autres, ceux qui font passer leurs besoins et parfois même leur santé après ceux des autres, soient finalement victimes de graves maladies qui les emportent au ciel, soit en un rien de temps, soit dans des souffrances terribles !

Comment est-ce que c’est possible ? C’est tout à fait immoral et injuste n’est-ce pas ?

Hé bien non, cela est tout à fait logique en fait.

C’est Anne Ancelin Schützenberger* qui nous dit cela : être trop gentil fait que nous ne savons pas nous protéger de certaines agressions extérieures. Nous ne savons pas nous défendre et donc, nous encaissons des coups qui sont parfois rudes, sans rien dire, dans un isolement qui est souvent fatal… Et parce qu’il faut être gentil pour ne pas se fâcher avec les gens qui nous entourent, nous gardons au fond de nous des souffrances que nous ne savons pas évacuer, qui nous encombrent, qui s’enkystent…

Il est aussi une autre vérité toute simple qui est que le temps ne semble pas passer de la même manière avec quelqu’un de gentil qu’avec quelqu’un de méchant… A priori, le temps se dilate différemment… (Question de perception vous en conviendrez aisément !)

Mais alors, vive la méchanceté ? Elle nous permettrait au moins de faire sortir ce que nous avons à dire, notre fiel et notre rancœur pour que ces sentiments extrêmes, qui n’appartiennent qu’à nous, ne nous détruisent pas de l’intérieur !!

Bien sûr que non !

Les gens méchants ne sont pas plus avancés ! Car dans le fond, ils ne font pas non plus ce qu’ils veulent… Bien souvent la méchanceté est liée à des circonstances d’abord, puis à une personnalité beaucoup plus fragile qu’il n’y paraît, un être pétrit de peurs et de manques. Comme le bon sens populaire le fait souvent remarquer : la plus efficace des défenses est l’attaque. Or, ce qui fait que quelqu’un a besoin de se défendre en attaquant, c’est bien (entre autres) la peur. Et la peur peut revêtir tellement de formes !

Vous soyez, être trop gentils ou trop méchants sont les deux faces de la même pièce qui est faite dans le même métal fondu avec les émotions les plus négatives qui soient, même si le but de tout ça est de nous protéger !! (un peu tordu comme mécanisme quand même ! Non ? )

Alors, comment faire ?

Heureusement et comme toujours, il existe une troisième voie, une autre possibilité pour ne pas subir ou pour ne pas rugir non plus à la première interaction avec quelqu’un d’autre :

Cette voie consiste à partir à la recherche de l’être merveilleux, unique et génial que nous sommes tous, et qui est enfoui la plupart du temps, au fond de nous. Cette recherche permet dans un premier temps de nous concentrer sur les choses positives qui nous appartiennent en propre, des émotions porteuses de sens et valorisantes pour nous. Et, dans un second temps, cela permet de nous apercevoir que nous avons en nous, tout pour résoudre ce que nous appelons ;  »problème ». Lorsque nous savons qui nous sommes vraiment, lorsque nous avons fait connaissance avec nous-même, nous connaissons nos limites, et de ce fait, nous ne sommes plus à la merci de ce que les autres veulent de nous, pour nous ! Nous nous sentons automatiquement en sécurité, tout simplement parce que nous savons quelle est notre façon de fonctionner, et de ce fait, nous privilégions de façon tout à fait naturelle, ce qui nous fait du bien. En nous sentant en sécurité, nous sommes bien plus aidants pour les autres que lorsque nous agissons dans une totale panique ! Il est en effet totalement inutile de se jeter à l’eau pour sauver quelqu’un qui se noie, alors que nous ne savons pas nager nous-même !! C’est bien connu !

Vous trouvez tout ça trop dur à faire, partir à la recherche de la personne unique et géniale que vous êtes au fond de vous vous paraît trop utopique, vous ne pensez pas que cela soit la bonne solution, ou vous ne savez pas comment vous y prendre, alors vous pouvez essayer de changer vos comportements, vos façons de faire. Ce faisant, petit à petit, cela changera forcément vos expériences, qui finiront par changer les croyances que vous entretenez sur vous-mêmes et arriver enfin à pouvoir vous apprécier pour qui vous êtes vraiment. Essayez donc ceci :

Si vous pensez être trop gentils, et que cela devient difficile pour vous, alors, affirmez-vous ! Apprenez à dire :

– NON !

– STOP !

– PAS AUJOURD’HUI !

– PAS COMME CELA !

– PAS ENCORE !

…etc… de façon sereine et alignée, sans une once d’agressivité. Faites alors ce qu’il vous est agréable de faire, des activités porteuses et saines pour vous. Ceci est la clef : soyez gentil avec vous-même avant d’être gentil avec les autres…

Quelque part, sachez que lorsque vous dites non à quelqu’un d’autre, c’est à vous que vous dites oui !

 

De la même manière, lorsque vous êtes réputés pour être  »méchant », (et je ne développerai pas ici le point de vue de la personne qui se sent victime de quelqu’un qu’elle juge méchant) ou que vous vous considérez (et ceci est le pire) comme une mauvaise personne (ça peut arriver !), alors faites un effort sur vous-même, ne serait-ce que pour essayer, par curiosité de l’effet que cela pourra avoir, d’agir à l’inverse de ce que vous avez l’habitude de faire ! Testez, une fois, au moins, une fois ! Trouvez-vous une bonne excuse, qui vous motive à changer radicalement votre comportement, et dîtes à votre interlocuteur :

– OUI !

– BIEN SÛR !

– AVEC PLAISIR !

– SI CELA PEUT VOUS AIDER !

…etc… de façon sereine et alignée, sans une once d’agressivité. Faites avec autrui ce que vous pensez que personne ne fait pour vous, sans attendre rien en retour ! Autrement dit, et petit à petit, cela remplacera vos peurs et vos manques par de la confiance en vous, en vos capacités, en la vie même ! Et cette attitude vous dévoilera la sensation géniale d’abondance en toutes choses ! Vous ressentirez automatiquement la grande personne que vous êtes !

 

Dans les deux cas, le résultat sera identique : vous apprendrez à vous aimer en premier, vous prendrez soin de vous comme lorsque vous prenez soin d’un enfant ou d’une personne à qui vous tenez particulièrement. Logiquement, en changeant de comportement avec les autres, les expériences positives que vous allez engranger vont finir par changer vos croyances sur la vie et les événements qui jalonnent celle-ci. Vous vous rendrez vite compte que ce qui est le plus important dans le fond, c’est vous et votre bien-être. En comprenant quels sont vos besoins propres et en y répondant, vous vous permettrez de vous sentir en parfaite sécurité, quoi qu’il arrive.

C’est alors que vous pourrez vous retourner vers les autres, confiant et heureux.

C’est un immense cadeau que vous vous faites et que vous acceptez de faire au monde ! Et par les temps qui courent, il en a bien besoin !!

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*Présentation : Anne Ancelin Schützenberger, née le 29 mars 1919 à Moscou, est une psychologue française, également psychothérapeute et professeur émérite à l’université de Nice Sophia Antipolis, où elle a dirigé pendant une vingtaine d’années le laboratoire de psychologie sociale et clinique. Elle est surtout connue du grand public pour ses apports dans le champ de la psychogénéalogie, avec son ouvrage « Aïe, mes aïeux ! » publié en 1993 et en 2007 Psychogénéalogie : Guérir les blessures familiales et se retrouver soi (Paris, Payot). (source : wikipédia)