La PNL, concrètement

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Un jour, ces questions furent posées à un maître praticien en PNL :

Lors de l’intervention d’un travailleur social auprès d’un individu, l’observateur a relevé 6 gestes précis :

- le corps en avant
- le corps qui se replie sur lui même
- le sourire 
- la main qui accompagne la parole
- l’agitation d’un membre ou du corps
- le fait de se gratter
De quels mécanismes ces attitudes sont-elles révélatrices ?
***
 Réponse :

Au vu des items relevés, nous allons donc parler exclusivement du langage non verbal (paradoxe, quand tu nous tiens !! ;) ). À ce sujet, sachez que 80%, certains vont jusqu’à affirmer que 90% de la communication passe uniquement par le langage corporel : le corps lui, ne ment pas ! Si la PNL aborde largement le sujet évidemment, il faut savoir que l’étude du langage du corps, aussi appelée synergologie, est issue des recherches de Paul Ekman, célèbre psychologue américain (dont les travaux ont largement inspiré l’excellente série « Lie to me » traduction : « Mens-moi »). La synergologie est une discipline qui consiste à réaliser le décryptage des micros expressions du visage principalement.

Bien, maintenant, pour répondre à votre demande :
Tout d’abord, il est intéressant de préciser que, normalement, une véritable relation d’aide « à âmes égales » si j’ose dire, se conçoit difficilement lorsqu’il y a un face à face (sauf cas de passion amoureuse évidemment). Cette posture, très courante pourtant, installe d’entrée une sorte de défiance entre les protagonistes pour ne pas dire une méfiance instinctive. Le face à face correspond dans le cortex cérébral à une position d’affrontement, de corps à corps (même d’ailleurs lors de notre fameuse passion amoureuse, ce qui fait dire parfois que l’amour et la haine sont opposés certes, mais de la même trempe !) ; ceci est une posture réflexe et spontanée, car archaïque. Si l’on considère en sus, comme c’est souvent le cas lors d’un entretien d’aide, même auprès de travailleur social, qu’un bureau est positionné entre les deux, le rapport de force est alors clairement en faveur de celui à qui appartient ledit bureau. De plus et de fait, cette personne est dans son « repère » : elle est en position dominante en règle générale… Tout cela est inconscient évidemment, et ce qui compte malgré tout, ce sont les intentions de chaque protagoniste, car, finalement, ce sont les intentions que l’on émet qui font et feront toujours l’illusion du résultat obtenu.

D’ailleurs, ne nous y trompons pas ! Cette dernière réflexion n’est pas anecdotique. Dans tout ce que vous pourrez lire sur le vaste sujet traitant des rapports des individus entre eux, et dans tout ce que l’on pourra vous dire (même en formation de PNL ou autres, traitant de ces questions à travers ces techniques, et même, pour ne pas dire, surtout, si c’est moi qui le dit ! -rires-), il ne faut jamais oublier que :
Tout est affaire d’interprétations, de vécu et d’enregistrement des résultats des expériences dans le cerveau machine (certains emplois le terme de cerveau-ordinateur), des personnes présentes. Dans notre exemple, tout peut changer en fonction des deux protagonistes évidemment et même, puisque tel est le cas, d’une autre personne qui serait témoin de la scène. En effet, même si quelqu’un a la charge de regarder et de rendre compte de ce qui se passe lors de l’entretien, il ne pourra pas être objectif à cent pour cent. Comme tout un chacun, il aura à faire avec ses propres croyances, ses points de vue et, bien entendu, son intention : comment se positionne-t-il par rapport à cet échange ? Est-il juge ? Est-il acquis à la cause de l’une ou l’autre des parties ? Quelle est sa motivation profonde, son objectif ? …etc.

Autrement dit, ce que l’on voit chez l’autre peut-être tout et son contraire et ne dépend de rien d’autre que de ses propres dispositions et croyances sur les sujets abordés. Par exemple, dans une scène où une personne aidée vient voir son assistant social, car elle s’est mise dans une situation scabreuse : l’un aura beau affirmer à l’autre que son comportement est inadéquat, il y a de fortes chances que cela ne change rien au résultat qui est un ressenti… et l’observateur, aussi objectif qu’il puisse être, aura son avis et, de ce fait, ne pourra voir dans la scène que ce qui confortera sa propre opinion ! Il aura d’ailleurs bien du mal à comprendre et de fait, à expliquer le comportement de celui dont il ne partage pas les mêmes convictions. Et même s’il arrive à faire le récit détaillé des faits et gestes des deux personnes observées, certaines données dans son énoncé seront inexactes ! Non que l’observateur/narrateur ait une quelconque volonté d’imposer un point de vue par rapport à un autre, mais tout simplement parce qu’il ne peut pas faire autrement. L’esprit humain est fait de telle sorte qu’il positionne l’individu par rapport à ce qu’il croit que doivent être les choses et non par rapport à ce qu’elles sont… Il en est à chaque fois ainsi et les récits de n’importe quel évènement sont faits de telles façons que c’est l’émotion suscitée par la vue, ainsi que par celle d’être écouté, qui raconte les faits. Penser autrement est une illusion… de plus dans ce monde d’illusions… constantes.

Ceci dit, pour revenir à « la position idéale » d’une conversation, précisons qu’afin d’optimiser une rencontre aidante, il est plus judicieux de s’assoir côte à côté, les corps tournés dans le même sens (symboliquement cela rassure et inconsciemment cela rapproche), en privilégiant un savant mélange d’échanges de regards et de vision dans la même direction.

 

Maintenant, j’en viens à vos items :

- le corps en avant : en règle générale, cela veut dire que la personne qui parle tente de convaincre son interlocuteur. Le corps vient appuyer en quelque sorte la parole. Parfois, cela peut aider. Dans ce cas la personne en face ne bouge pas et peut même accueillir le geste en se penchant en avant elle aussi, en signe d’assentiment. Il faut savoir qu’en règle générale, en communication, pour créer ce que les spécialistes nomment le « rapport », le mieux est d’imiter, en utilisant le plus discrètement possible, les mêmes mimiques que son vis-à-vis. Par exemple, vous voulez entrer en communication avec quelqu’un qui ne veut pas vous parler, vous allez commencer par adopter la même posture qu’elle, souvent les bras et les jambes croisés. Puis vous allez entamer la conversation et petit à petit, vous allez décroiser les jambes, et lorsque la personne en face aura fait de même, vous allez pouvoir décroiser les bras et si vous voyez qu’elle fait comme vous, c’est que vous avez créé un bon rapport. Pour ne pas la perdre à nouveau, vous ferez en sorte de suivre, de façon très discrète, ses mouvements. Dans l’inconscient, c’est comme si vous apparteniez au même clan, au même monde. L’effet miroir permet à l’autre de se reconnaitre en vous, et ainsi vous ne constituez plus une menace pour elle, elle peut se détendre…
(NB : Attention, vous êtes le seul responsable de la façon dont vous allez utiliser cette sorte de « manipulation ». Libre à vous de l’utiliser de façon négative, mais ce n’est pas ainsi que j’ai appris et que je conçois cette méthode. Manipuler avec intégrité et toujours dans l’optique de se sentir bien et que la personne face à vous se sente bien aussi : notion de OK+ pour nous et OK+ pour l’autre, cher à la PNL). Cependant, attention ! Car parfois, une personne qui se penche trop en avant dans l’espoir de faire passer son message coûte que coûte, même si celui-ci paraît très aidant et tout à fait adéquat avec la situation, peut faire peur, ou déclencher une réaction de méfiance de la part de son interlocuteur, et ce dernier recule alors. Dans ces cas-là, vous le retrouvez souvent en position de recul, sujet du second item.

- le corps qui se replie sur lui même : je viens de vous l’expliquer un peu, il est clair que cette attitude est la caractéristique de quelqu’un qui se méfie et/ou tente de se protéger. Il semble qu’il soit en désaccord avec ce que l’autre tente de lui dire. Méfiance et peur peuvent entrainer soit un abandon total de coopération, ou de l’agressivité…

- le sourire : évidemment, le sourire sincère, enjoué, bienveillant est un allié de premier choix dans une relation d’aide. Cependant, un sourire peut être de divers types : sourire franc, sourire de compassion, sourire hautain, sourire de chantage, sourire carnassier… Vous avez compris, le seul qui compte et qui aura une répercussion positive est le sourire franc. Parfois, mieux vaut ne pas sourire si celui-ci n’est pas sincère. Comme tout, l’intention que l’on met à ce que l’on fait donne le sens de la réponse que l’on va recevoir. Il ne faut pas se raconter trop d’histoires : les sourires forcés se voient comme le nez au milieu de la figure ! Il faut avoir fait un sacré travail sur soi pour les accepter malgré tout, sans se mettre sur la défensive et sans sentir monter en soi une vieille haine ou colère qui viennent d’on ne sait où exactement… Bon, j’exagère un peu peut-être, mais un « faux sourire » n’entraine, en règle générale, rien de bon dans une relation d’aide, ça, c’est sûr !

- la main qui accompagne la parole : en dehors du fait que dans certaines cultures les gestes font partie de la façon de parler, la main qui accompagne la parole appuie les dires, apporte de la cohérence et permet au discours d’être plus crédible. Sauf que parfois, notamment si la personne en fait trop, ou porte des bracelets qui tintent par exemple, ou des bagues clinquantes…etc., tout cela détourne l’attention sur ce qui est dit exactement. Mais là attention, souvent nous avons affaire à des personnes qui savent très bien se servir de ses subterfuges pour se sortir de situations délicates ou tout simplement de personnes qui veulent à tout prix être vues. À ce moment-là, c’est à l’interlocuteur de faire un effort pour capter la parole dite, en sachant qu’un mécanisme inconscient oblige la personne à forcer sa gestuelle. En revanche, pour un professionnel de l’intervention sociale qui accompagnerait sa parole de gestes, il est intéressant d’éviter, en règle générale, les gestes brusques, comme les coups sur la table par exemple… Cela paraît évident, quoique cela dépend, encore et toujours, du message qu’il veut faire passer. Personnellement, j’éviterais dans tous les cas, la violence et les éclats émotifs tels la colère évidemment, qui sont souvent synonymes d’impuissances profondes.

- l’agitation d’un membre ou du corps : est en général une indication d’impatience. Par exemple, un enfant qui s’agite sur une chaise n’est pas forcément un enfant hyperactif -qui a besoin de calmants pour se stabiliser-, mais il est fort à parier qu’il s’ennuie ferme ! Il a, sans aucun doute, envie d’être ailleurs, et parfois (et c’est une histoire vraie) il est tout simplement un merveilleux danseur ! Autre exemple : une personne en face de vous balance ses jambes en vous écoutant. Soit elle veut se rassurer et se berce, surtout si ses mouvements secouent son corps entier d’avant en arrière. Ou bien, comme notre jeune enfant, elle veut partir. Elle se rêve dans la rue revenant chez elle ou vaquant à d’autres occupations… Anecdote : un jour, je rentre dans une salle de classe. En face de moi se trouve une vingtaine de jeunes adolescents impatients et déterminés à ne pas coopérer quant au cours que je devais leur dispenser. Le message : « on ne veut rien faire ! » était bien clair. Au début du cours, comme eux, je me suis mis en mode « agité ». Face à eux, je les ai imités, plus exactement, mes jambes ne cessaient de bouger au même rythme que les leurs, ma voix était relativement forte et mon débit de parole était élevé. J’étais au diapason. Puis petit à petit, j’ai ralenti le vas et vient de mes jambes, j’ai baissé sensiblement la voix en ralentissant le flot des mots que je prononçais. De fil en aiguille -et aussi parce que j’aimais profondément donner des cours et que le sujet abordé m’intéressait- , les jeunes étaient plus calmes. De ce fait, le reste du cours fut agréable. Merci la PNL !

- le fait de se gratter : soit c’est parce que réellement, il y a de l’eczéma ou autre plaque rougeâtre… ;) , soit c’est parce que la personne se sent mal et cela la « démange quelque part » d’entendre ce qui vient d’être dit sur elle. Globalement, cela peut vouloir dire que l’interlocuteur a vu juste et la personne a besoin de sentir son corps pour se reconnecter à elle-même. C’est comme une espèce de caresse, un peu plus appuyer. « Oui, ce n’est pas faux ce que vous dites, je me sens comme ça » pourrait être un exemple de son dialogue intérieur. Un peu de honte peut-être aussi, mêlé à ce ressenti… Ceci dit, il faut savoir que chaque endroit du corps « grattouillé » a une signification bien précise en lien avec le besoin ou le malaise ressenti.

Voilà !

J’espère que ces quelques lignes vont pouvoir vous rendre service. Je vous rappelle encore une fois que ce qui est dit ici n’est que mon point de vue et n’engage que moi. Il se peut que vous trouviez d’autres interprétations et elles ne seront pas fausses non plus ! L’essentiel est de trouver des moyens avec lesquels vous serez le plus à l’aise pour aider les autres, n’est-ce pas ? Car, de toute façon, l’humain est complexe, pas compliqué, mais complexe. Beaucoup de données sont à prendre en compte pour arriver à l’appréhender un tout petit peu. D’ailleurs, la seule et l’unique personne que chacun d’entre nous devrait penser à comprendre et à aider en tout premier, devrait être soi-même… C’est encore une fois ma conviction profonde, celle qui m’a plongé dans le seul sujet d’étude sur lequel je vais sans doute passer toute ma vie : moi ! Non pas que ce sujet soit plus passionnant que les autres, loin de là ! Mais à travers celui-ci, c’est l’humanité entière qui m’est accessible, même si c’est par un tout petit bout de lorgnette, car comme le disait Térence, poète et auteur Antique : « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger ! »

;)