La guerre et la maladie

 Source : « Tu as mal ? Prends donc une balle ! » jaibobola.fr

 

J’aimerais vous faire part d’un parallèle qui me semble très instructif entre la façon dont nous comprenons le fonctionnement de la maladie et le fonctionnement des guerres.

Constat :

Pour ce qui est de la maladie :
– La bonne santé physique est un état de bien-être général du corps et de l’esprit. Ceci est considéré comme l’état normal de tout individu. La maladie est une agression venant très souvent de l’extérieur (virus, bactéries…etc.) ou d’un dysfonctionnement intérieur grave (maladies dégénératives, cancers…etc.), portant atteinte à l’ensemble, en affaiblissant le corps et l’individu dans son entier. Les réponses les plus usuelles à ce qui paraît anormal, consistent à lyser ou stopper le développement ou extirper le plus vite possible l’agent agresseur ou le dysfonctionnement, avant que ceux-ci portent gravement atteinte ou fassent périr l’ensemble. Nous partons donc en guerre contre la maladie, même si c’est pour nous en protéger.


Pour ce qui est de la guerre :
– La paix peut être considérée comme un état de bien-être général de la terre et des peuples et comme l’état normal de la vie dans un pays. La guerre est une agression venant très souvent de l’extérieur (pays belligérants, groupes armés…etc.) ou d’un dysfonctionnement intérieur grave (guerre civile ou même catastrophes naturelles…etc.), portant atteinte à l’ensemble, en affaiblissant le pays et le monde dans son entier. Les réponses les plus usuelles à ce qui paraît anormal, consistent à éliminer ou à endiguer les dégâts ou à bouter hors des frontières, le plus vite possible, le pays agresseur, le groupe dissident belliqueux ou les suites d’un déchaînement de la nature, avant que ceux-ci portent gravement atteinte ou fassent périr le peuple agressé. Nous partons donc en guerre contre les autres et même contre les éléments, même si c’est pour nous en protéger.

 

Le postulat de base est donc : la guerre est au monde ce que la maladie est au corps

CORPS MONDE
La maladie La guerre
Le corps Le pays ou le territoire
L’organe ou le système siège de la maladie Le champ de bataille
Virus, bactéries, champignons Les soldats ennemis
Les médecins Les Chefs des armées alliés
Les spécialistes Les Généraux de divisions
Les chirurgiens Les gradés qui interviennent en personne sur le champ de bataille
Les médicaments Les soldats alliés sur le terrain. Batailles sur sites ou destruction des infrastructures ennemies… sachant que les dommages collatéraux font partis de ce qui est considéré comme acceptables voire incontournables
Le système immunitaire Les services de renseignements visant à se défendre mais aussi, génie militaire et infrastructures logistiques.
Les rayons (dans les cas de cancers par exemple) Les frappes aériennes avec leurs tirs + ou – ciblés

 

Ce qu’il faut savoir :
En considérant la maladie quelle qu’elle soit comme un ennemi à abattre, nous faisons la guerre ! Les termes que nous employons sont clairement des termes militaires et guerriers. Et ce que nous faisons à petite échelle à nous même, nous le faisons à grande échelle aux autres aussi. Cela semble logique.

La question qu’il faut se poser si l’on veut trouver une alternative intéressante à ce genre de croyances -tellement ancrées dans les mentalités qu’elles paraissent tout à fait incontournables et les seules réponses possibles face à l’adversité (c’est à dire, se battre ou mourir)- serait de trouver quelle est la motivation profonde qui nous fait partir en « guerre » : attaquer ou nous défendre coûte que coûte.

Et lorsque l’on creuse un peu, derrière les idéaux, la défense du territoire, d’une minorité ou toute autre noble cause, ou derrière la préservation de sa santé, de son rythme de vie, de ses prérogatives…etc… il y a toujours la peur.

La peur est un moteur très puissant.

Elle nous fait élaborer des théories qui, passées par son filtre implacable, nous semblent tout à fait acceptables. Nous sommes même convaincus que nous ne pouvons pas échapper au fait qu’il nous faut nous battre pour sauver notre peau, parce que nous ressentons la plupart du temps que ce qui est extérieur à nous et à nos habitudes est dangereux et semble nuisible. Et nous ressentons de la peur uniquement parce que nous sommes en mode survie.
Si nous regardons l’Histoire de la Terre, nous nous rendons très vite compte que l’humanité est toute jeune. Nous pouvons même considérer que nous avons la maturité de petits enfants qui ne supportent pas que l’on touche à leurs affaires, qui ne comprennent pas que prêter ou perdre un objet par exemple est une excellente façon d’en gagner d’autres, qui pensent que tout ce qui leur appartient les représente en totalité alors que les objets et les biens qu’ils accumulent ne sont que les pâles et incomplets représentés de ce qu’ils sont vraiment.


Nous sommes encore au stade de la survie et si nous connaissons un peu l’Histoire des Hommes, nous savons bien que les grandes guerres ne sont pas si éloignées de nous que ça, et si nous nous intéressons aux informations, nous voyons bien que les guerres sont encore très présentes et elles nous plongent dans une double contrainte : nous devons expliquer à nos enfants que se battre « ce n’est pas bien », que les guerres sont inhumaines à coup de « plus jamais ça ! » et de l’autre côté nous affirmons avec la même intensité que la liberté passe par l’obéissance absolue à cet idéal qu’il faut défendre en prenant les armes, en tuant des gens s’il le faut…


Nous agissons comme les premiers humains aux temps préhistoriques : survivre coûte que coûte…

Pathétique lorsque l’on pense que seule l’intégration de la différence a fait la richesse de ce que nous sommes aujourd’hui d’un point de vue collectif. Nous avons su coopérer pour faire des merveilles, mais, bien trop souvent encore, comme un réflexe, ce qui nous vient à l’esprit lorsque nous rencontrons quelqu’un ou quelque chose qui s’éloigne trop de la personne que nous pensons être, c’est de le rejeter, de ne pas l’écouter, de ne pas accepter ce qu’il va nous dire et nous apporter.


Ceci est encore plus vrai et plus généralisé quand on pense à la maladie. Si nous prenons le temps de la comprendre, elle nous en apprend plus sur nous que n’importe quelle information qui reste extérieure à soi. Il est dommage de voir le temps que nous passons chaque jour à écouter et à essayer de comprendre le fonctionnement des autres, alors que le seul fonctionnement important pour soi, c’est le sien !

 

Si nous voulons nous donner une véritable chance de changer vraiment, il nous faudra passer par la compréhension du sens profond des événements que nous traversons. Ceci commencera par nous-mêmes, puis tout naturellement, si tout le monde s’engage dans cette voie remplie de sens, cela se répercutera de proche en proche, jusqu’à parvenir à changer l’humanité entière. C’est à partir de ce moment-là que nous verrons alors que se battre, résister, s’opposer ne sont pas les bonnes solutions pour vivre enfin en paix !

 

Enfin, c’est une piste de réflexion pour essayer de faire les choses différemment…