Je n’arrive pas à me décider !!

 

« Il n’y a pas d’être humain plus misérable que celui en qui la seule habitude est celle de l’indécision d’action »

Voici ce qu’écrivit William James (1842 – 1910), psychologue et philosophe américain qui fut le premier à avoir parlé de psychologie à ses contemporains.

Ahhh, l’indécision d’action !

Rien de plus freinant, de plus plombant, de plus briseur de rêves !

Ne pas savoir prendre de décision pour les choses anodines du quotidien est déjà difficile, mais alors, ne pas savoir prendre de décision face aux différents choix importants qui se présentent à nous, cela peut devenir extrêmement gênant !

Sans être une maladie, l’indécision d’action, lorsqu’elle est un mode d’expression et est chronique, est sous-tendue par une croyance, un programme, qui peut nous renvoyer à une douloureuse affaire où une décision malheureuse à été prise dont les conséquences ont pu être désastreuses ! Dans le ressentie de la personne, rien de bon en général !

Voici l’histoire particulière, et transgénérationnelle d’une amie perpétuellement indécise :

Lors d’une de nos rencontres, elle me confia ce que j’avais déjà remarqué chez elle, à savoir, sa difficulté à prendre des décisions. C’était à tel point qu’elle avait du mal, parfois, à faire un choix, même face à quelque chose d’anodin. Par exemple, elle pouvait rester indécise face à l’achat d’un produit alimentaire ou ménager quelconque, parce qu’il n’y avait plus sa marque habituelle. Elle pouvait passer plusieurs minutes devant le rayon, surprise et interdite dans un  premier temps, un peu énervée et affolée dans un deuxième, puis totalement bloquée dans l’indécision ensuite ! Un effort violent et un « tant pis, je prends cela » ou « je ne prends rien » de résignation plus loin, et elle passait au produit suivant non sans ressentir une gêne et des pensées de  dévalorisations tapageuses.

Même si je lui fis remarquer que « sa non prise de décision » est une décision, elle y voyait quand même quelque chose d’anormal qui commençait à lui peser.

Je lui ai alors demandé si elle avait toujours été ainsi.

– « Non », me dit-elle. « Lorsque j’étais étudiante par exemple, je savais ce que je voulais faire comme études et ce que je voulais devenir dans la vie. C’était clair et les choix que je faisais alors étaient pris rapidement et sans trop d’hésitation ! »

– « Est-ce que tu peux dater plus ou moins précisément, le moment où tu as eu beaucoup de mal à faire un choix ? Ou bien, as-tu fait un choix un jour qui s’est avéré catastrophique pour toi ? »

– « Non, pas de choix catastrophique… » me dit-elle les yeux au ciel, cherchant dans sa mémoire, « mais par contre, je pense pouvoir te dire que c’est à partir du moment où je me suis mariée que je suis devenue de plus en plus indécise ! »

-« Ah, Ah m’exclamais-je ! Depuis que tu es mariée ? En es-tu sûre ? »

– « Oui, oui, maintenant en y réfléchissant bien, c’est bien le point de départ de ces indécisions ! Et cela s’est aggravé depuis que j’ai les enfants en fait ! Dès qu’il s’agit de prendre des décisions liées de près ou de loin à ma famille, j’ai des doutes, je pèse le pour et le contre, je ne sais plus ce qui est bien ou pas bien, je cherche toutes les solutions possibles, et du coup, je demande à mon mari ce qu’il faut faire. Lui, il décide et moi j’exécute, quoiqu’il dise en fait !! »

– « Tu connais d’autres personnes dans ton entourage familial comme toi ? »

Au bout d’un moment, elle s’écria :

– « Oh mon dieu !! Mais c’est l’histoire de mon arrière-grand-tante !! Il paraît qu’elle s’en voulait terriblement d’être tombée amoureuse d’un Allemand durant la guerre ! Ils s’étaient affiché ensemble, heureux, jusqu’au jour où il est reparti. Ses propres parents et les gens dans le village, lui avaient tous mené la vie très dure, lui rappelant sans cesse le mauvais choix qu’elle avait fait ! Alors, presque contrainte, elle du épouser un homme dont elle n’était pas amoureuse mais qui voulait d’elle. Il s’avère que cet homme, mon arrière-grand-oncle, avait fait la guerre et vu des atrocités dont il ne s’est jamais trop remis. Il fit vivre un véritable enfer à sa femme, ne lui laissant que très peu de liberté en lui rappelant sans cesse qu’elle ne faisait que des mauvais choix !! »

Mon amie venait de contacter une histoire douloureuse enfouie mais resurgissant sur elle. Son ancêtre avait fait le mauvais choix de compagnon pour l’époque, alors qu’elle pensait que c’était le bon, pour elle ! Elle subit les conséquences de cette mauvaise décision jusqu’à la fin de ses jours !

Pour la petite histoire, ces deux femmes que quatre générations séparaient, étaient nées le même jour et le même mois et portaient le même prénom. C’est d’ailleurs pour cela que mon amie connaissait parfaitement l’ histoire de son aïeule.

Voilà un exemple où l’indécision était inscrite dans le cerveau de mon amie, et dont elle n’avait pas vécue personnellement l’histoire programmante ! Pourtant, le fait de se retrouver en couple déclencha chez elle les mêmes comportements que son ancêtre !

C’est une histoire digne de figurer dans un livre de Mme SCHUTZENBERGER !!

Mais évidemment, il n’en est pas de même pour tout le monde ! Si vous avez l’impression de ne pas savoir ou d’avoir du mal à prendre des décisions, cela peut être beaucoup plus simple !

Cela peut, tout bonnement, vous signaler que vous manquez d’informations sur le sujet qui vous préoccupe. Alors, prenez la seule décision utile dans ces cas-là : partez à la recherche d’informations quelles qu’elles soient sur le sujet ou tout ce qui y touche de près ou de loin.

Et puis, pas de fatalisme ! Ne pas prendre de décision est déjà une prise de décision ! Juste préciser qu’il est rarement bon de vous y complaire ! En revanche, le savoir permet de récupérer de l’énergie et de prendre ensuite une décision d’action !

Dernières petites choses à connaitre :

Si vous n’avez que deux possibilités, c’est une alternative et souvent, c’est « pendu si je le fais ainsi », « pendu si je ne le fais pas ». Ceci n’est pas un vrai choix ! C’est une technique très utilisée dans le domaine de la vente. Ou c’est maintenant ou c’est jamais ! Avec en plus, une notion de temps où la décision doit être prise rapidement ! Attention, soit vous savez que cela fait partie du jeu et vous avez décidé d’y jouer, soit vous êtes face à de la manipulation !

Un vrai choix ne peut se produire qu’à partir de trois possibilités minimum.

Donc, si quelqu’un vous propose deux choses, branchez créativité et cherchez la troisième solution ! Il y en a forcément une. Il peut même y en avoir une quatrième et une cinquième ou plus ! Et c’est tant mieux pour vous. Ce sera d’autant plus facile de ne pas rester dans l’inaction !

Et vous, êtes-vous du genre à prendre rapidement les décisions ou vous faut-il du temps et des éléments de comparaison par exemple ?