Il n’y a pas que dans les vieux pots… 2

Cet article aurait pu être titré : la valeur n’attend pas le nombre des années…

Je vous présente Logan LaPlante(1), une dizaine d’années à peine, cet enfant fait le show face à un parterre d’adultes pour leur expliquer que dans la vie, il a décidé d’être heureux et en bonne santé plutôt que de s’investir dans des études telles qu’elles lui ont été proposées jusqu’à ses 9 ans -âge de sa déscolarisation-, l’amenant à un travail qui va le laisser dans un état plus qu’incertain côté bien-être et santé aussi bien mentale que physique… Un utopiste ? Un fils de privilégié ? Un enfant de plus qui se croit tout permis ? Un dangereux psychopathe qui essaie de pervertir notre belle jeunesse ? Un asocial qui va mener les adolescents en crise d’identité à la déchéance par son discours trop alléchant prônant la vie facile et l’amusement à tous les étages ? Un maniaque du New-âge, ne pensant qu’à la gloire, à se faire écouter et admirer sans penser aux conséquences ? Un enfant roi qui vit tant qu’il y a encore papa et maman pour subvenir à ses besoins ? Un idéaliste qui pense que la vie est facile et que tout le monde peut passer son temps à s’amuser sans jamais penser au travail, aux choses sérieuses, aux ennuis, aux tracasseries, aux horaires, aux contraintes, aux burn-out, à la hiérarchie encore plus malade de stress que les autres, aux trajets interminables domicile-travail, travail-domicile, aux ambiances délétères dans les salles de réunions, aux compromis qui deviennent quotidiens, aux pressions, diverses et variées, aux malaises quasi permanents qui découlent du fait d’avoir l’impression d’avoir vendu son âme au diable, aux revendications jamais entendues, aux misérabilismes ambiants, au quotidien qui mortifie, à la machine à café délivrant un breuvage frelaté acide et amer à la fois, où toutes les frustrations, les humiliations, les mises à l’écart, les injures, les injustices profondes sont débattues de longues heures durant, bref, au pessimisme dans lequel nous baignons, et qui est représenté en grande partie pour la grande majorité d’entre nous, dans notre milieu de travail ?

Ou, est-il plutôt :

Un visionnaire, un messie, un être extraordinaire, un ange débarqué dans un monde de fou, un découvreur de chemins encore jamais empruntés, un esprit lumineux, un garçon hors normes, un amuseur né, un magicien, un alchimiste des temps modernes, un montreur de nouvelles voies, un élagueur de sentiers non explorés, une nouvelle race d’Homme, un rebelle positif, un exemple à suivre, un sage, un fabuleux petit d’Homme, un être de lumière, un précurseur du monde à venir…

Lui, se présente comme un hacker schooling, autrement dit, il a décidé de pirater l’école pour tenter d’améliorer le système, il veut changer la donne, il refuse de plier à des exigences qui ne sont pas celles de son bien-être et qui brident sa créativité.

Aië, ça fait peur !

Il le dit lui-même d’ailleurs…

Pourtant, qui peut affirmer qu’il a entièrement tort ?

Je vous laisse écouter Logan LaPlante… (11,02 minutes)

Et, à ce sujet, et si celui-ci vous intéresse, vous pouvez aussi écouter Ken Robinson(2), cité dans l’exposé de Logan LaPlante. (19,21 minutes)

 

(1)En février 2013, Logan LaPlante a 13 ans et il fait cette conférence à TEDx. Le thème : « Hackschooling me rend heureux, » il dit toute l’importance du bonheur dans le processus d’apprentissage.

(2)Sir Kenneth Robinson (né le à Liverpool) est un auteur, orateur et expert en éducation internationalement reconnu pour ses interventions en faveur du développement de la créativité et de l’innovation. Il fut directeur du projet Art in Schools (de 1985 à 1989), Professeur d’art à l’Université de Warwick (1989-2001) avant d’être fait chevalier par la reine d’Angleterre en 2003 pour services rendus à l’éducation. Issu de la classe ouvrière de Liverpool, Robinson vit actuellement à Los Angeles avec sa femme Marie-Thérèse et ses deux enfants James et Kate. Source : Wikipédia

 

Utopique tout ça, quand on voit à quel point les jeunes eux-mêmes, contaminés par la vision figée du monde que les adultes ont réussi à leur imposer comme leur seul et unique avenir, tiennent au système actuel, considérant qu’il est le meilleur d’entre tous !

La morosité ambiante a eu raison de l’innocence et la joie de vivre de nos enfants !

Et ça, c’est bien dommage !

Heureusement qu’il y a Logan LaPlante (entre autres), pour nous conforter dans l’idée qu’il est possible de faire autrement. Il se sert du système et ne laisse pas le système se servir de lui. La preuve a 16 ans, il a décidé de reprendre ses études, mais dans un but bien précis… Et quand un projet bien clair est là, rien n’est impossible, surtout pas de réussir en étant heureux et en préservant sa santé.