Il n’a pas que dans les vieux pots… 7

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Un tout autre registre aujourd’hui, pour ce septième article sur les jeunes talents, je vais vous parler cette fois-ci de textes, d’écrits, de romans.
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Pour commencer : il s’agit de paroles de chansons.
Alors soyons clair, j’adore les textes poétiques -l’un de mes poètes préférés, comme des milliers d’entre nous d’ailleurs, est Arthur Rimbaud, qui, dois-je le rappeler, était tout jeune lorsqu’il a écrit la plupart de ses divins poèmes, comme « Ma bohème » par exemple où, paraît-il, il n’avait que 16 ans !-, les textes qui ont du sens, qui racontent des histoires bien écrites, qui font rimer les mots. Et ici, je vais vous parler plus particulièrement de certains textes écrits pour être chantés, étant donc accompagnés par des rythmes entrainants ! Pour cela, je trouve certains textes et certaines mélodies de Véronique Sanson, de Francis Gabrel, d’Alain Souchon, du regretté Maxime Le Forestier, de JJ Goldman même, ainsi que certains morceaux de Gérald De Palmas, tout à fait à mon goût pour ne pas dire sensationnels !
Cependant, je n’ai encore jamais ressenti l’engouement que je ressens en ce moment, pour ces tout jeunes auteurs, compositeurs et interprètes. Nul doute que nous avons affaire à du talent merveilleux, unique et génial pur et dur !
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Des rappeurs tout droit sortis du conservatoire.
Je vous présente donc un jeune duo de chanteur, deux frères, des phénomènes qui sont en train de percer sur la scène française et dont vous allez sans aucun doute entendre parler même si leur musique n’est pas de celle citée ci-avant.
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Florian, dont le nom de scène est Bigflo a 23 ans aujourd’hui, et son frère Olivio dont le nom de scène est Oli, en a 20 dans quelques jours. Ces deux jeunes sont toulousains, je les ai connus par hasard, non, par amour plus exactement : mon fils de 16 ans m’a demandé de passer leur CD dans la voiture. J’ai dit : « Mais oui ! Bien sûr mon grand ! », avant qu’il ne rajoute : « C’est du rap ! ». Consternation ! Au début, c’est vrai,  j’étais plus que sceptique -j’apprécie quelques morceaux de ce genre de musique, notamment ceux d’MC Solar en particulier « Caroline » et d’IAM avec « Danse le mia » !… Mais ces chansons sont anciennes, j’étais jeune et depuis, plus rien côté rap ! Mais vous connaissez l’adage : « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! » Et là, franchement, cela aurait plus qu’idiot de refuser d’écouter, parce qu’impossible de ne pas se laisser emporter par la musique et les paroles de ces deux jeunes. Leurs textes révèlent un niveau de réflexion impressionnant pour leur âge, un optimisme et une authenticité qui manque souvent à leurs aînés embarqués sur les mêmes rythmes. Eux, posent en rimes des faits de société, des histoires de la vie quotidienne, parfois tragiques, mais souvent drôles, développant un point de vue nouveau et original sur le monde qui nous entoure. Bien sûr ils parlent aussi d’eux et de leur envie de réussir : depuis tout petit, leurs rêves sont de devenir des rappeurs et des artistes connus et c’est ce qui est en train de leur arriver ! Ils disent à toutes les interviews auxquelles ils répondent qu’ils écrivent et jouent de la musique depuis qu’ils sont tout petits. Le premier morceau qu’ils ont posté sur le net est « Château de cartes » et ils avaient respectivement 11 et 8 ans. Ils se sont promis de réussir ensemble. Leurs parents ? Ils y sont pour « quelque chose » dans tout ça, sans aucun doute, comme, vous l’avez remarqué, chez tous ces jeunes enfants géniaux que j’ai présentés jusqu’ici. Car, il faut dire que pour Bigflo et Oli, la musique c’est une question de famille. Leur père est musicien, il fait de la salsa. « Il nous encourage beaucoup » dit l’un pendant que le second précise, dans un éclat de rire : « Notre mère aussi nous encourage. Elle sait ce que c’est la vie d’artiste, mais elle nous rappelle aussi que les études sont prioritaires ! » (source : http://actu.cotetoulouse.fr/portrait-toulouse-rappeurs-freres-big-flo-oli-florian-olivio-une-histoire-de-famille_1843/)
Bref, je ne connais toujours pas le rap, je ne m’y intéresse absolument pas, mais là, j’avoue, je suis fan, même s’il faut le reconnaitre, je suis (peut-être !) un peu trop vieille pour l’être ! Tant pis !
Cela reste une belle découverte.
Ci-après, je voudrais vous faire découvrir le texte complet d’une de leur chanson issue de l’album « La cour des grands », suivi par un clip d’un autre morceau. Le choix a été particulièrement ardu, toutes les chansons de cet album sont à découvrir !
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Bigflo & Oli

Album: La Cour des Grands

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Couplet 1 : Oli chante et fait allusion à la trompette, instrument qu’il a appris très jeune :
J’écris des lignes pour celle qui m’entraîne : une belle fille
Rester au chaud et s’faire applaudir, mais quelle vie
Aigu ou grave, toujours plus loin dans le défi
Du bout des lèvres, c’est avec elle que je me délivre
Et nos moments ensemble sont toujours trop courts
Fou, quand on s’trouve, je parcours toutes ses courbes
Elle dit qu’elle m’aime et que j’serai jamais célibataire
Elle est calme et, d’un coup, gueule : sale caractère
Bizarre, elle chante et râle comme une diva
Elle a toujours de bons tuyaux, bronzée car tous les visas
Et j’prends des risques, ouais, divin est le débit
J’la traîne dans son étui dès qu’elle dérive
J’l’ai dans l’sang et, dans mon flow, elle se glisse
Cette grande dame de Louis ou de Miles Davis
Puis je souffle et j’me découvre, à chaque virage
C’est dans son reflet louche que j’ai vu mon vrai visage
En manque d’air, au plus profond d’elle, j’respire
J’me prends pour Chet Baker, mais quelle perspective
Regarde loin dans l’embouchure, t’aperçois même ma dentition
Le groove se trouve pas dans toutes leurs partitions
Elle s’met à nue, si j’suis pudique
Sous la lumière du projecteur, elle prend l’visage du public
Une fille en or, noces de cuivre donc relation durable
Elle a beaucoup changé depuis qu’j’lui ai présenté le rap
[Refrain : Oli] C’est pas du rap, c’est d’la musique
C’est pas du rap, c’est d’la musique
C’est pas du rap, c’est d’la musique
C’est pas du rap, c’est d’la musique
C’est pas du rap
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Couplet 2 : Bigflo chante, ici le rap est personnalisé en mauvais garçon avec lequel il n’est pas très bien vu de trainer :
On m’a dit « Bigflo, laisse tomber ton pote, ce mec est idiot
Il aura pas son bac, il pense qu’au micro
Ça serait vraiment dommage que tu traînes avec ce naze et que tu finisses au bistro »
Mais c’est mon pote, j’le kiffe, quelque chose à dire ?
Les gens nous regardent mal quand j’traîne avec lui en ville
C’est vrai qu’il râle, qu’il est tout l’temps en train d’s’plaindre
Qu’il parle souvent de balles, de flingues et de gros cylindres
Qu’il est égocentrique, pas toujours authentique
Plein d’défauts, mais quand il est pas là j’me sens triste
Parano, mon pote est impossible à berner
Mi-poète, mi-voyou : mon pote est dur à cerner
Car, au fond, il a un grand cœur
Il est sensible, il dit qu’il n’a pas peur : mon pote est un menteur
Il m’a redonné ma confiance en moi, vidé mon sac, chassé le mal, ouvert ses bras, quand ça va pas, c’est lui que j’vois
Et c’est plutôt drôle, oui
C’est plus qu’un ami, c’est un psychologue
C’est vrai qu’il a changé depuis quelque temps
Ses anciens potes me racontent qu’il était mieux avant
Il a souvent dérapé, parfois il m’énerve
Mais je n’oublie pas que c’est grâce à lui que je rêve
Il a donné un sens à ma vie, un but à mes phrases
Paraît qu’son cousin c’est le jazz
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Aujourd’hui
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Quelques bouts de textes :
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C’est l’histoire de deux frères, qui écrivent dans leurs chambres,
Qui sont tombés dans l’rap par hasard et qui tentent leur chance.
Qui sentent les rouages qui s’enclenchent, les anciens rois qui flanchent,
Il est grand temps que les temps changent c’est l’moment !

Pour nous, c’est plus que du rap, c’est toute notre vie !
C’est plus que des fans, c’est toute notre ville !
C’est pas une question d’âge, pas une question d’couleur,
Pas une question d’race, de poids ou de physique.
Mais c’est une question d’âme, c’est une question d’douleur,
C’est une question de rage, d’foi et de musique !
Et peut-être bien qu’on s’trompe, qu’c’est nous les cons, mais viens on va s’lancer,
Et puis si on aura pas changé le monde, ou moins nous on aura changé !
Une salle vide face à un grand pianiste, un zénith plein pour un rappeur qui ment !
Les graines de stars se plantent, le succès n’est qu’illusoire,
Car même en haut d’l’affiche, il faut redescendre pour la voir !
On a besoin de vous, c’est le départ d’une nouvelle ère, la plupart de nos pas, on les fait entre frères,
On peut pas s’planter y’aura jamais de plan B, faut r’monter la pente sinon, on va s’planter !
Depuis tout petits, la musique nous suit, on a faim ! Tiens toi bien on va changer les règles,
Monte le son dans ton casque, on veut lire notre rêve sur le bord de tes lèvres,
À deux, on est plus forts et avec vous, plus encore !
On est parés, on va jeter un pavé dans l’eau qui dort.
Depuis longtemps, on attend, chaque jour on apprend,
On veut rentrer dans la cour des grands !
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[Oli] Il coupe sec la radio, il n’a pas dormi de la nuit
À l’arrière on se moque de lui, ça fait pas longtemps qu’il conduit
Mais rentrer de boîte en caisse, c’est toujours mieux que prendre le bus
En matant dans le rétro, il aperçoit une belle voiture de luxe
[Bigflo] Il en est fier de sa voiture, personne ne l’a encore rayée
Il en est fou, elle le rassure, mais il ne l’a pas encore payée
Elle séduit les crédules, lui rembourse le crédit
Mais vaut mieux ça, qu’une caisse pourrie comme celle à côté de lui
[Oli] Y’a celle qui vit dedans, elle est chez elle donc elle a tout son temps
Une grande couette dans le coffre et toute sa vie dans la boîte à gants
Elle a perdu son appart’, lui reste juste sa Clio
Sa vie en feux de détresse, mais personne ne remarque ces cligno’
[Biglo] Un jeune homme se sent très mal sur cette route bouchée
Car sa femme l’attend à l’hôpital, elle est en train d’accoucher
Son téléphone sonne, il décroche et son visage s’éclaire…
Le jeune homme est devenu père
[Bigflo & Oli] Le bouchon, le le le bouchon, on rame, on râle, on rage dans le bouchon
Le le le Bouchon, le le le bouchon, on roule, on tourne, on tousse dans le bouchon
Le le le Bouchon, le le le bouchon, on rit, on crie, on prie dans le bouchon
Le le le Bouchon, le le le bouchon et bien souvent nos vies ressemblent à ce bouchon
Le le le bouchon
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[Bigflo] Musique à fond dans l’mp3, Marco rentre chez lui
Mais ce qu’il ne sait pas c’est qu’il ne rentre pas aujourd’hui
Il est sorti plus tôt donc il ne veut pas perdre de temps
Regarde ses baskets en marchant, presse le pas au milieu des gens
Il est sept heures et quart, c’est l’heure qu’elle a choisie
Il quitte le trottoir, voit pas le 4×4 derrière lui
Il traverse, la voiture le renverse
Son corps bascule, il n’entend que cette musique qui le berce
Pas vraiment de douleur même si son sang coule, il voit
Son corps de dessus au milieu d’la foule, plus d’poids,
Il sent qu’il se détache, il voit la ville qui bouge
Dommage de mourir à cause d’un petit homme rouge
Parce que la mort nous en a trop pris, si c’est un jeu, elle triche
L’histoire que j’vais vous raconter est si triste
C’est dingue, on quittera tous ce monde un jour et on l’sait bien
Un instant, une seconde et d’un coup tout s’éteint
Là-haut pas de portail, de nuage, ou de lumière aveuglante
Pas de Dieu, pas d’ange, de tunnel blanc, ni de grand temple
Rien de tout c’qu’il imagine, le temps fuit sans bruit
Juste le sourire de ceux partis avant lui
Un bonjour à son grand-père, parti pour un cancer
Un accueil chaleureux, juste entre eux, en pleins cieux
Loin des tensions, drôle de destination
Marco est ému, lui qui n’a jamais pris l’avion
Loin des bourses en manque, pas de temps, pas d’cigarettes ou d’banques,
Pas d’agents, non pas d’argent, de clans, de mitraillettes ou d’tanks,
Pas d’Sud, pas d’Nord, pas d’nuls, pas d’forts
Une petite leçon de vie, une grande leçon de mort
Parc’que la mort nous en a trop pris, si c’est un jeu, elle triche
L’histoire que j’vais vous raconter n’est pas si triste
Pourquoi craint-on la mort si on croit au Paradis ?
Pourquoi pleure-t-on encore quand un proche est parti ?
-Eh madame qui êtes-vous ?
– Je suis la mort, tu sors d’où ?
– Qu’est-c’qui m’arrive, j’comprends pas ?
– Tais-toi, Marco c’est ça ?
– Ouais c’est moi pourquoi qu’est-c’que j’fais là ? J’venais de m’installer,
J’ai pas fait d’mal, j’ai pas eu l’choix, j’ai à peine vingt-et-un balais !
Et j’peux pas rester là pitié que quelqu’un m’aide !
– C’est plus possible.
– On m’attend en bas y’a tellement d’gens qui m’aiment !
– Ici aussi !
J’ai pas l’temps, pousse-toi, on m’attend j’suis pressée !
Dans une ruelle en bas une femme vient d’se faire agresser !
– Pourquoi elle, pourquoi aujourd’hui tout doit s’arrêter ?
– C’est pas moi qui choisis, j’ai une liste à respecter !
– Mais où est-ce marqué, notre heure, notre chemin ?
– Dans un vieux livre sacré qu’on appelle le destin !
Au fait tu te plains, mais tu as droit au billet retour
- Hein ?
– Dis au revoir à ton grand-père, nous on s’reverra un jour !
– Quoi ?
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6.   J’attends la vague

Et je rappe pour les ringards, je rappe pour mes frères
Pour les regards discrets qui ont déjà vu l’enfer
Pour ce type un peu paumé, qui, rêve au fond de la classe
Pour cette gamine fragile qui n’aime pas se voir dans la glace
Pour ceux qu’aiment pas trop traîner tard dans les bars
Pour ceux qui pleurent le soir, tout seul dans le noir
Parce que si ton bateau coule moi je t’apporte une voile
Parce que j’ai promis à mon frère qu’on toucherait les étoiles
Je suis bling-bling, ouais, ça fait partie de mes fautes
Ils ont fait venir mon grand-père en bateau
Donc faut que je reparte en yacht
Et je rêve de la une
Je suis marié à ma plume
Je la trompe avec la lune
Et puis je voudrais y croire, en Dieu
Je vais devoir couper la poire, en deux
Comment veux-tu que j’y vois, sans yeux ?
Mon frère est le même que moi, en mieux
Laisse tomber Flo
Laisse couler l’eau
Emporté par le flot
Je suis le prince d’un château de sable, instable
Les yeux fixés sur la mer, j’attends la vague.
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(refrain)
(le bébé avorté)
- Maman, comment c’est, dehors?
L’amour fort que nous nous portons
Je suis ni vivant ni mort
Mais je sens encore le cordon
(la jeune maman)
- Mon enfant, tu sais que j’t’adore
Et je te demande pardon
Je n’ai ni raison ni tort
Et je sens encore le cordon
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(le bijoutier) : – Ça fait deux fois qu’on vient me voler
Chaque fois on râle mais on bouge pas
L’avenir de ce qui se lève tôt est gâché par tous ceux qui se couchent tard
(le voleur) : – Moi je lui veux pas du mal, bien sur tout ça c’est pour la thune
J’en ai eu marre de traîner tard le soir éclairé par la lune
– On a tabassé le gars du bar-tabac pas plus tard qu’hier
Il veut des sous, qu’il enlève sa cagoule, j’recherche un stagiaire
J’vais pas encore me laisser faire, le laisser filer merci bonsoir
Là j’pète mon fusible pensant au fusil derrière le comptoir
- Bientôt la fin de l’histoire, j’remplis le sac, j’remplis ma tête de rêves
À deux doigts du tiroir « Arrête de bouger où j’te crève »
Je sors
– Alors c’est tout il va s’en sortir comme ça
– J’y suis presque
– Avec la moitié de ma vie au fond de son sac
– C’était si simple, enfin la fin de la faim j’y croyais plus
– Je prends mon arme, la charge et je sors dans la rue
– Le scooter peine à démarrer, pas grave je m’en payerais un bientôt
– La vengeance m’ouvre ses bras à l’instant où il me tourne le dos
Cette fois c’est trop salaud, j’lève le bras et vise
Est-ce qu’il le faut? Pas de cadeau, j’prépare mon doigt j’hésite
– J’vais acheter un chien à ma cousine, une voiture à ma femme
J’mettrais bien même ma voisine, et tout le quartier en voyage
De nouveaux paysages, fini la galère, un colis à ma mère un gros chèque à mon frère, des tas de…
– J’le vois tomber de son scooter, j’vois mon reflet dans la vitrine
Une balle deux hommes, mais qui est la victime ?
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Je combats la déprime, mais c’est un match trafiqué
Elle m’a eu comme ce moustique que t’écrases, mais qui t’a déjà piqué
Le fruit du travail, c’est boire du vin devant sa vie
Mes phrases m’amènent au bout du monde, donc je suis pilote de ligne
Je me méfie des hommes, j’ai compris qu’ils partaient en vrille
Depuis qu’ils ont coincé la statue de la liberté sur une île
Fils du 21ème siècle, je crois bien que la bêtise m’a eu
Je suis ce poète seul dans le cercle regrettant les disparus
Mais d’ici, je compte emporter plein de souvenirs
J’ai marqué vivre sur la liste des choses à faire avant de mourir
Ouais, je vais me bouger et ranger ce bazar,
Car le hasard fait bien les choses
Mais on ne fait jamais de choses bien par hasard
Des milliers d’années autour de l’épée d’Arthur pour la décrocher
J’ai réfléchi, je suis reparti avec le rocher
Je suis ces yeux d’enfants, devant une scène d’épouvante
Un jour, j’irai me noyer dans la fontaine de jouvence
Y a pas de paix dans le nom Gandhi, pas de haine dans Hitler
Donc juge pas sur un blase, oui appelle-moi juste petit frère
Je suis la jeunesse en personne, ces dinosaures sont avares
Je forme le fond, ils font la forme,
Je suis le philosophe sans la barbe
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[Couplet 1 : Bigflo] J’sais pas pourquoi, ce matin, je suis très en colère
Mais je laisse rien paraître devant ma fille et sa mère
Bisous, « Bonjour », ennui, cafetière
La jolie vaisselle que nous a donnée grand-mère
J’aimerais tout foutre en l’air,
Ouais, j’y pense, des fois
Les jours se ressemblent comme ma fille et moi
« Allez chérie, dépêche-toi, on va être en retard
Dis « Bonjour » aux voisins ; au revoir, connard !! »
Toujours bloqué dans la circulation
Stimulation, agression, « allez, avance, pauv’ con ! »
« – Qu’est-ce qu’il t’arrive, papa, dis-moi pourquoi tu t’énerves »
Je l’entends pas, aujourd’hui, j’suis coincé dans un rêve
« Allez mon ange, sois sage et passe une bonne journée »
Ma propre hypocrisie commence vraiment à me soûler
Youhou ! Maintenant, direction l’taf, l’éclate
Un lapin dans un clapier, huit heures derrière un clavier
Ça fait deux semaines que j’essaye de parler à mon patron
Je l’imagine souvent, le soir, découpé dans des cartons
« – Monsieur, pour mon augmentation…
– On en parlera plus tard »
Dire que ça fait quinze ans qu’j’enfile ce putain d’costard
Après, j’irai chercher ma fille, comme toujours
Je ne vois que l’ennui, où est passée ma vie ? Où est passé l’amour ?
Ce soir, la même bouffe de supermarché
Haricots verts, steak haché,
On fera semblant d’pas s’fâcher
Mais j’ai encore trouvé des textos dans son téléphone
C’est pas la fin du monde, ça fait deux ans qu’elle me trompe
Moi, comme d’hab’, je dis rien, non, comme d’hab’, je suis aphone
Ce monde est trop pourri pour ma fille, j’ai honte
La routine, le premier jour comme le dernier
Attends, mais y’a pas un fusil dans le grenier ?
Le taf, l’angoisse, la ville, l’ennui
Le temps qui passe, routine, l’ennui
L’amour, la mort, les rêves, l’envie
Photo, sourire, encore la ville
Le stress, le noir, les larmes, les cris
Les klaxons, les sonneries
Je crois que, ce soir, je vais faire une connerie
[Refrain : Bigflo & Oli] Seul dans l’ombre, j’suis qu’un monsieur tout l’monde
J’avance, je tombe, j’suis qu’un monsieur tout l’monde
J’ai jeté l’éponge, comme monsieur tout l’monde
Je plonge dans le plus sombre de mes songes
 …
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[Oli] J’ai rien d’un gangsta, j’ai pas d’shit, j’ai pas d’coc’, ni d’héro’
J’ai pas d’crew, j’traîne pas, faut qu’j’bosse mon interro’
En soirée, mes potes se la jouent bière et vodka
Hé, Bigflo, sers-moi un grand verre de Coca !
Si tu m’files un flingue, j’serais même pas m’en servir
J’fais quoi d’une Ferrari ? J’ai toujours pas mon permis
J’ai déjà pleuré devant un film, Oli mélancolie
Moi, j’suis allé en prison, mais qu’au Monopoly
J’avoue, je bave devant leurs clips, leurs bling-bling et leurs photos
Tout est vrai chez moi, sauf ma montre et mon polo
Pas l’temps pour le sport, moi, c’est le rap d’abord
Et, dans mon clip, tu verras qu’un labrador
Et je gratte dans l’métro, pas la taille d’un héros
Couché tard, levé tôt, en freestyle sous l’préau
Si j’fais dix pompes, je frôle le malaise
Mais, le sourire aux lèvres, j’viens d’terminer mon seize[Bigflo & Oli] Et j’suis pas, et j’suis pas
Et j’suis pas, j’suis pas, j’suis pasJ’suis pas un gangsta
Pas la peine de mentir, j’suis comme toi
J’suis pas un gangsta
J’ai pas l’fric, j’ai pas l’style, j’ai pas les bras, mais les gangstas kiffent ça
J’suis pas un gangsta
Pas la peine de mentir, j’suis comme toi
J’suis pas un gangsta
Freestyle sous le préau
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Autre catégorie, toujours dans le domaine de l’écriture, je tiens ici à présenter l’auteure d’un roman d’héroïc fantasy : Anastasia Laurens a 19 ans cette année, et elle a écrit son premier roman à 16 ans, elle fut éditée à 17 ans et, après le bac qu’elle passe, c’est sûr elle l’a jurée, elle écrira le deuxième tome de cette super histoire ! Kiara Alwen est son héroïne et malgré le jeune âge de sa créatrice, l’histoire et les personnages sont époustouflants. Tout ça fonctionne très bien !
NB : j’aurais pu vous parler de Guillaume de Rouen, qui a 14 ans a déjà deux romans à son actif (il est âgé de 15 ans aujourd’hui), de Jessica d’Ile de France qui a 16 a écrit un roman (aujourd’hui elle en a 22), d’autres encore, je suppose, peut-être en connaissez vous vous-mêmes de ces jeunes gens qui écrivent comme ils respirent ? Sans doute, beaucoup de jeunes ont ce talent-là évidemment ! Cependant, je vous présente Anastasia Laurens parce que je la connais (elle est adorable), et que j’ai lu son livre (avec lequel j’ai passé un excellent moment !)
Je vous mets le lien de son roman ci-après…
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Histoire : « Unique héritière de la Maison Alwen, Kyara est promise à un avenir paisible et sans grande passion. Le sort en décidera autrement et fera d’elle le seul rempart contre les forces du mal et la guilde des assassins qui menace sa vie. Épaulée par son frère Caleb, ainsi que par ses amis Doumaï et Matthew, elle est entraînée malgré elle dans la quête du Livre des Pactes, au cours de laquelle elle devra tout abandonner pour sauver non seulement les siens, mais aussi son monde menacé par l’impitoyable Salem, chef des inhumains, assoiffé de vengeance. Son parcours sera jalonné de rencontres tant fantastiques qu’effrayantes, dans un univers post-apocalyptique qui se reconstruit sur les blessures du passé. Son courage sera-t-il suffisant pour mener à bien cette mission en dépit des multiples dangers qui la guetteront ? Saura-t-elle déjouer les projets destructeurs de Salem ? »