Communication, postulats N° 7 et 8

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Postulat n° 7 : Nous n’agissons pas en fonction du territoire, mais en fonction de notre carte

Un petit rappel s’impose, puisque les vœux du Premier de l’an sont passés entre en temps :

Notre carte du monde, dont nous avons parlé dans le postulat 5, est construite à partir des informations que nous laissons passer à travers nos cinq sens. De ce fait, il nous semble en toute bonne foi, que nous voyons, nous ressentons, nous entendons, nous sentons, nous goûtons et nous pensons même à l’extérieur de nous tout ce qu’il y a à voir, ressentir, entendre, sentir, goûter et penser même.

Or, nous ne fonctionnons pas tout à fait ainsi.

Vous le savez bien, si pour vous, il est normal par exemple de voir une pièce bien rangée, un endroit en désordre vous fera réagir. Votre voisin en revanche, peut-être pas, car lui a l’habitude de voir des endroits en désordres sans pour autant que cela lui pose problème.

C’est exactement pareil pour les autres sens, y compris la pensée donc.

Lorsque vous avez pris l’habitude de penser d’une certaine façon, cela va de ranger la fameuse pièce d’avant, à la résolution de n’importe quel problème, vous allez avoir tendance à vous dire que tout le monde a les mêmes exigences que vous, en tout cas, même si tel n’est pas le cas, vous pouvez en toute bonne foi, être étonné que les choses ne soient pas comme vous avez l’habitude qu’elles soient…

C’est ça votre carte du monde.

Nous avons en nous, livrés à notre naissance, une bonne partie de cette « carte », issue de programmations variées, enregistrées dans le cerveau-ordinateur. Il y en a quatre, recensées pour l’instant par ladv. Nous naissons avec les trois premières (survie de l’espèce et de l’individu, croyances de nos ancêtres, projet que nos parents ont eu pour nous) qui forment déjà une belle carte bien remplie. Et, nous en améliorons les contours en rajoutant ça et là des couleurs, des reliefs correspondants à des croyances couramment employées dans le milieu, environnement, culture et époque dans lesquels nous évoluons. Tout cela concourt à notre vision du monde tel que nous le voudrions.

Et, naturellement, nous avons l’impression que si telle doit être notre vie, alors telle doit être celle des autres.

Ce n’est pas que nous soyons intolérants, parce que certains ont dans leur carte du monde la possibilité ou la nécessité de l’ouverture aux autres. Et si cette dernière n’est pas inscrite au départ, c’est un programme/croyance que nous pouvons acquérir par la suite, sans problème s’il n’y a aucun programme/croyance déjà en place, contraire à cette notion de tolérance et qui protège l’individu d’une menace pour lui (menace qui a pu être réellement ressentie par ses parents pendant la grossesse, ou qui a pu être réellement être vécue par ses ancêtres, ou qui, et cela se comprend plus aisément, est la conséquence du programme de survie, plus intense chez l’individu en question que tous les autres programmes par exemple…).

C’est évidemment à chacun de comprendre ces mécanismes de fonctionnement, de se comprendre tout simplement, de se positionner face à cela.

La carte du monde peut donc se définir ainsi, et le postulat 7 nous averti d’une chose : nous n’agissons pas en fonction de ce qui est, mais bel et bien en fonction de ce que nos sens nous indiquent de ce qui est. Parfois, nous faisons des zooms incroyables, des raccourcis hallucinants, des liens de causes à effets qui nous sont propres, qui sont en nous et qui, même si les résultats s’avèrent plutôt désagréables pour nous-mêmes et pour les autres, constituent notre meilleure réaction !

En effet, ce que nous faisons a toujours une intention positive à notre égard.

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Bonne transition pour présenter et expliquer le :

Postulat n° 8 : Notre comportement est cohérent et orienté vers un but dont nous n’avons pas toujours conscience

Pour illustrer ceci, voici un exemple concret, qui parlera à tout le monde ou presque, car l’histoire qui va suivre pourrait arriver à n’importe qui. Il s’agit de Jacques, cadre moyen dans une entreprise de taille moyenne en pleine expansion. Il a trente-six ans dans deux mois, et son supérieur hiérarchique part en retraite dans neuf mois. Il est temps pour Jacques d’évoluer, il le sait et il est même tout à fait normal étant donné le nombre d’années pendant lesquelles il a œuvré pour son entreprise au même poste, qu’il obtienne un avancement. D’ailleurs, tout le monde le lui dit :  « tu mérites de prendre du galon ! » Et, motivé par les autres, Jacques qui sait qu’ils ont raison, mais qui n’a pas confiance en lui, commence à y croire : il s’autopersuade en quelque sorte qu’il désire ce poste, qu’il lui revient de droit, qu’il va être à la hauteur de la tâche et que rien ne pourra l’empêcher d’obtenir cette situation plus enviable et ce salaire plus que confortable. Cependant, au fond de lui, un tout autre discours se tient. Évidemment, il ne peut en parler à personne, mais il connait parfaitement son job actuel qui, il faut le reconnaitre, lui va comme un gant. Jacques aime ce qu’il fait et même si le poste proposé est plus prestigieux et mieux payé, il sait qu’il sera confronté à un certain nombre de tâches qu’il trouve rébarbatives, voire imbuvables. Il le sait très bien, car il a vu et entendu assez souvent son prédécesseur pester et râler. Le doute au fond de lui se fait ainsi entendre. Mais qu’à cela ne tienne, Jacques pense qu’il pourra supporter ces inconvénients !

Le grand jour arrive enfin, le jour de la convocation au siège de la société pour rencontrer le grand patron qui choisit seul la personne qui remplacera son chef de secteur, celui qui était là au tout début de l’aventure de l’entreprise, vous l’avez reconnu, il s’agit du supérieur de Jacques. Inutile de dire qu’il était loyal cet homme, fidèle et connaissait parfaitement tous les rouages de l’entreprise ; le grand patron sera donc logiquement assez exigeant, même s’il sait que la loyauté est aussi un savant mélange de directives et de libertés de choix laissées à l’employé.

Donc, voilà ! Jacques n’est pas le seul en lisse. Et les gens qui briguent ce poste sont autant qualifiés que lui.

Jour J-1, Jacques ne se sent pas bien. Il ne sait pas ce qui lui arrive au juste, mais il a commencé à se sentir fiévreux. Malgré les antipyrétiques, sa température corporelle n’a cessé d’augmenter durant la nuit. Verdict du médecin :

– Vous avez une grosse infection, en attendant les résultats des prélèvements que je viens de vous faire, vous devez rester au lit  !

– Non ! Ce n’est pas possible docteur, il faut me remettre sur pied de suite, j’ai un entretien très important aujourd’hui et j’ai une heure de route !

– Cher ami, je crois que je ne me suis pas bien fait comprendre, vous ne pouvez aller nulle part, et surtout vous ne pouvez pas prendre la voiture. Dans votre état, ce n’est pas envisageable. Et puis, vous êtes potentiellement contagieux !

Les arguments sont sans appel ! Jacques renifle, il se recouche, assommé par les médicaments prescrits, et par la fièvre qui lui donne le tonus d’une vieille salade oubliée au fond du réfrigérateur !

Solution parfaite du cerveau-ordinateur, solution désastreuse pour le cerveau-émotionnel.

Ou bien, c’est sa voiture qui exceptionnellement le matin du rendez-vous, n’a pas démarré ! Pourtant, il savait qu’il devait la faire réviser, le voyant rouge de l’allumage n’arrêtait pas de clignoter, le voyant rouge quand même ! Pas de dépanneur disponible avant des heures et la SNCF a annoncé le début d’une grève qui doit durer au moins huit jours ! Le covoitureur, trouvé in extrémis, venait juste d’essuyer un désistement. Mais, pas de chance pour Jacques, finalement la personne reprit sa place à la dernière minute et comme elle avait déjà payé le conducteur, elle était prioritaire !

Sans parler que même si Jacques avait pris son véhicule, il aurait fait une embardée, en regardant le magnifique lever du soleil rougir le ciel de volutes merveilleuses. Distrait par ce paysage, il aurait roulé trop près du bord de la route qui, étant détrempée par les pluies de la nuit, l’aurait entraîné dans le fossé ! Il n’aurait eu qu’une bosse, rien de bien grave, mais la voiture se serait retrouvée hors d’usage. Il aurait alors dû se rendre à l’évidence : il lui était dès lors, impossible d’arriver à l’heure ! Et puis, il aurait été secoué quand même…

Bref, vous avez compris, il peut encore et encore lui arriver des tas d’événements qui seront qualifiés de :

– mésaventures,

– de pas de chance,

– de poisse,

et parfois, de :

– Tu l’as échappé belle va ! Il vaut mieux de la taule froissée que d’y avoir laissé la peau !

Suivit de :

– Pauvre de toi, tu n’as vraiment pas de chance, du coup, ils ont pris l’autre naze là à ta place ! Quel coup du sort quand même ! Quand je pense que certains ne croient pas au hasard ! Pourtant, il existe bel et bien là non ?

Eh bien non, toujours pas de hasard dans cette histoire. Juste une réponse adéquate parfaitement alignée avec ce qui se présentait.

Là aussi, c’est une solution parfaite du cerveau-ordinateur et une solution désastreuse pour le cerveau-émotionnel.

Ces empêchements, aussi contrariants soient-ils, n’ont pu apparaître sur le parcours de Jacques que parce qu’il les a fait apparaître et que parce qu’au fond de lui, une solution gagnante, sous-tendue par une intention positive à son égard était là, qui veillait au grain. Consciemment Jacques voulait le poste, rationnellement parlant, celui-ci lui revenait et tombait à pic dans l’évolution de sa carrière. Cependant, inconsciemment, un programme de sauvegarde, plus puissant que son désir conscient, un programme protecteur pour lui-même, était en état d’alerte. Si ce dernier avait pu parler, il aurait dit à Jacques :

– Ne t’inquiète pas, tu n’auras jamais ce poste. Nous te protégeons !

Et pour l’ensemble du corps, ce programme, toujours dans l’hypothèse qu’il aurait pu parler, aurait dit :

– Il faut tout faire pour que cela n’aboutisse pas ! Il ne faut pas qu’il ait ce poste, c’est trop dangereux pour lui et pour nous du coup !

Non pas que Jacques y aurait risqué sa vie à coup sûr, mais parce qu’une croyance/programme issue, soit de l’impératif de survie, soit de ses ancêtres, soit du projet que ces parents ont eu sur lui, soit des pensées à la mode du moment, lui a imposé cette décision sous forme d’un comportement cohérent et orienté vers un but dont il n’avait pas tout à fait conscience !

Il est comme ça notre cerveau-ordinateur ! Une merveille de fonctionnement, une merveille de logique et de rationalité, qui parfois, provoque bien des déboires émotionnels !