Communication : Postulats 2 et 3

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Ces deux postulats se ressemblent, ils parlent comme le premier de communication directe.

 

Postulat numéro 2 :

Le sens de la communication est impulsé par celui qui entre en communication.

Bon, en général, nous serions enclins à penser que c’est la réponse que nous obtenons de notre partenaire en communication qui détermine le sens de ladite communication. En effet, et c’est ce que nous apprenons en PNL, il peut arriver, par exemple, que nous soyons de bonne humeur et que nous entamions une conversation avec quelqu’un qui est de mauvaise humeur ; du coup, s’il en vient à nous répondre sèchement : Crack ! Notre joyeux état s’effondre et nous répondons à la personne d’un air bougon nous aussi… Nous l’avons « modélisé » en quelque sorte ! Quel dommage ! Nous aurions pu faire l’inverse ! C’est à lui, le ronchon, de nous prendre comme modèle ! Non, mais !!

Alors, vous le savez maintenant, en adv notamment, nous ne pensons pas que les autres soient en mesure de nous faire sentir bien ou mal ! En adv, nous estimons que nous sommes les maîtres créateurs de ce qui se présente à nous, que cela déclenche en nous des sentiments de bien-être ou de mal-être ! Là encore, c’est à nous de rectifier le tir si ce que nous ressentons ne nous convient pas ! Pour en revenir au sujet qui nous intéresse ici, à savoir le sens de la communication, nous pensons que nous sommes les seuls responsables de la réponse qui nous est faite ! Pour résumer l’idée, nous pouvons affirmer que le sens de la conversation est donné par celui qui commence à parler. Alors, je comprends aisément que vous ayez besoin de quelques explications qui vous éclaireraient sur cet étrange phénomène. Bien ! Les voici donc : nous pouvons dire sans trop nous tromper que, de façon tout à fait inconsciente parfois (mais pas toujours d’ailleurs !), certaines énergies passent entre les gens (cf physique quantique), des « non-dits » qui sont aussi significatifs que ce qui est dit. Lorsqu’une personne s’approche de nous et est très aimable, mais qu’au fond, elle a envie de nous insulter, le fait qu’elle fasse un effort pour se contenir nous arrive en pleine face. Rappelez-vous, c’est l’effet de la communication non verbale ! Nous ressentons un malaise, jusqu’à la méfiance parfois, question de survie ! Mais, généralement, nous sommes civilisés et nous répondons donc sur le même ton, mais le cœur n’y est pas tout à fait. Il y a comme un hiatus entre ce qui sort de notre bouche et notre corps, le ton de notre voix peut trahir ces intentions profondes aussi, ainsi que certains lapsus révélateurs… Cela renforce chez l’autre l’envie de nous en coller une, mais généralement, même si ses dents grincent, il reste courtois. Échanges qui font suer, dans tous les sens du terme… NB : évidemment, ce genre de conversations n’ont pas un fond aussi violents à tout les coups, -c’était un effet de style- c’est même tout le contraire ! Globalement nous sommes bienveillants les uns envers les autres, et souvent, lorsque nous sommes en colère, la personne à qui nous nous adressons est totalement étrangère à cet état interne… Cela ne nous empêche cependant pas de déverser notre trop plein d’énergie par le biais de cette interaction avec elle, mine de rien…

Autre exemple illustrant ce propos, sous forme de petite expérience. C’est une de mes amies, rencontrée lors de la formation en PNL, formatrice de métier, qui m’expliqua qu’un jour, elle avait testé ce point de vue avec un groupe qui débutait une formation dans laquelle elle intervenait. Je vous retranscris ici ce qu’elle a fait :

« Je devais donc intervenir auprès d’un nouveau groupe que je ne les connaissais pas du tout et eux, non seulement ils ne me connaissaient pas, mais comme nous étions en tout début de formation, ils ne se connaissaient pas trop non plus ; ils en étaient encore à une somme d’individualité, pas d’effet de groupe donc… Je suis rentrée dans la salle de cours l’air grave, en faisant ce que l’on nomme traditionnellement, « la tête des mauvais jours ». J’ai à peine dit bonjour à mon auditoire, fais l’appel sans aucune question, relevant ainsi un certain désintérêt vis-à-vis des personnes que j’avais en face de moi, et j’ai commencé mon cours sans plus de préambule. Autant dire que ce furent les dix minutes les plus longues de toute mon expérience dans ce métier. Cependant, ce qui devait arriver arriva ! Instantanément, les personnes en face de moi m’ont jugée et m’ont mimée. Sans qu’elles s’en rendent compte, elles ont endossé un air grave et les commissures des lèvres se sont affaissées. Elles étaient légèrement consternées, et très contrariées -elles me l’ont dit après-, avec une grande envie de partir, jusqu’à, pour certaines, remettre en cause de ce qu’elles faisaient dans cette formation ! Et même si par la suite, lorsque j’ai précisé que j’avais fait une expérience avec eux, certains gardaient en tête ce premier contact avec moi et en avaient fait une référence. En ce qui concerne ce premier cours, malgré mes explications nourries, l’ambiance est restée légèrement frisquette jusqu’à la fin de la séance… Il fallut la pause, comme un état séparateur, et des discussions entre eux, pour pouvoir intégrer le fait que cela pouvait être une bonne entrée en matière. Nous avons pu ensuite discourir sur l’attitude professionnelle que chacun devait adopter dans leur pratique quotidienne auprès des personnes chez qui ils devaient intervenir… (NB : ces personnes en formation étaient pour la plupart déjà en poste, et quelques-unes étaient en reconversion. Cependant, tous ces professionnels travaillaient ou se destinaient à l’aide à la personne). Le cours suivant, étant dans mon état disons normal à savoir joviale et affable, les retours furent évidemment bien plus chaleureux ! Il ne manquerait plus que les gens s’embêtent en formation !! Le comble !! » rajouta-t-elle comme une évidence.

Puis, j’ai demandé à mon amie de me décrire la façon dont elle s’y prend habituellement. Elle me répondit :

« Lorsque je rentre dans une salle de classe, premièrement, j’ai vraiment envie d’y aller, précision qui semble idiote, mais qui dans le concret de l’action, a toute son importance ! De ce fait, j’arbore à tous les coups un large sourire, non feint. Je me présente en premier, histoire de donner le ton, j’explique un peu mon parcours, manière de situer mon intervention, et je donne la parole à chacun dans le groupe. Cette façon de faire, qui est juste normale et largement répandue, amène généralement à une ouverture, une sympathie ressentie quasi instantanée. Alors, je sais, il parait que je ne suis pas là pour être sympathique, mais pour mettre les gens au travail ! Je sais aussi que certains de mes collègues sont fiers de dirent qu’ils ne sont pas là pour se faire aimer… Question de caractère sans doute, car je n’arrive pas à donner le meilleur de moi-même si je dois adopter une attitude froide et distante. D’ailleurs, c’est bien ce que je t’ai raconté avant ! »

Sur ce même thème de sens de la communication, voici un autre exemple d’une amie blogueuse et auteure, qui me dit :

« Tu le sais, je ne suis pas avare de compliments ; il suffit de lire certains de mes commentaires pour s’en convaincre. Encore une fois, ce n’est pas que je veuille à tout prix être aimé par les autres, à vrai dire, je me désintéresse assez franchement de ce point-là, mais lorsque je ressens quelque chose de sincère qui monte en moi, je partage ! Pourquoi garder les bonnes choses pour soi ? J’ai toujours fonctionné ainsi. Faire des compliments est une façon, je le sais maintenant, de se situer par rapport à soi-même. Ce que je vois et perçois chez l’autre, c’est aussi et surtout en moi que cela se trouve, selon l’expression consacrée. Quand je dis à quelqu’un combien je trouve son livre formidable par exemple, je le dis parce que je le pense et parce que je sais ce que c’est que d’écrire et d’aboutir à un livre fini ! De façon plus globale -et je ne parle pas uniquement d’édition-, lorsque je me retrouve face à un projet fini, j’ai conscience, sans forcément en connaitre toutes les subtilités, de tous les processus qui ont dû se dérouler avant, de toutes les étapes qui se sont succédé avec succès, et tout cela me paraît assez remarquable pour être souligné ! Pour moi, je trouve cela fabuleux et j’ai tendance à le dire avec enthousiasme. Les retours sont évidemment plutôt reconnaissants, parce que rares sont les gens qui n’ont pas besoin de reconnaissance n’est-ce pas ? Par contre, je ne me suis jamais amusée à dire du bien de quelque chose que je trouve mauvais… Je suis sûre que cela sonnerait faux ! Je suis persuadée que cela m’étranglerait même !! Je ne vois pas du tout l’intérêt de dire l’inverse de ce que je ressens vraiment. Si je n’aime pas quelque chose, cela signifie tout simplement que je n’aime pas ce quelque chose ! Quelqu’un d’autre aime sans doute ! À quoi bon donner son avis négatif sur la question ? Je n’ai pas la prétention de détenir la vérité !! Heureusement encore ! »

 

 Postulat numéro 3

           Il n’y a pas d’échec en communication, il n’y a qu’une réponse.

Rappelez-vous ! Notre cher adolescent qui ne dit rien, il crie en fait ! Il nous dit très clairement qu’il ne veut pas répondre ! Ceci constitue une réponse donc, au même titre qu’une longue diatribe.

De même, ce n’est pas parce que l’autre vous répond « non » alors que vous vouliez obtenir un « oui » que vous avez échoué à communiquer ! Il ne faut pas confondre échec en communication et échec émotionnel. La réponse est neutre en elle-même, cependant, il est évident qu’elle peut, si elle correspond totalement -grande joie- ou ne correspond absolument pas à nos attentes -grande frustration-, déclencher en nous une déferlante émotionnelle. Difficile de faire autrement sans un travail sur soi et ses émotions évidemment ! Nous sommes des êtres émotionnels avant tout, c’est ce qui nous différencie des machines, c’est aussi ce qui nous fait souvent commettre des actes, que nous appelons par la suite soit des « erreurs » souvent synonymes de tristesse, soit des « réussites » qui nous procurent les plus grandes joies et satisfactions !!

Pour en revenir au postulat n°3, parfois, il ne suffit pas de parler pour communiquer efficacement. Vous avez sans doute déjà entendu ou assisté à des conversations assez hallucinantes où les protagonistes parlent sans s’écouter du tout. Chacun donne son point de vue, sans se préoccuper, ni de ce qui vient d’être dit, ni du fond du sujet ! C’est un peu comme si les émotions avaient subitement pris le contrôle de la personne et parlaient à travers elle de façon désordonnée ! Parfois même les gens se parlent et ne se rendent pas compte qu’ils communiquent sur des sujets différents. Légèrement différents, il ne faut pas exagérer non plus ! Chacun donne un aspect du sujet qui est débattu, se contente d’énoncer ses croyances, sans comprendre ou même essayer d’interagir vraiment avec l’autre. Ceci donne une sorte de « conversation low cost », à bas coût constructif et à large rabais intellectuel, mais qui rempli un rôle certain, celui d’échanger des phrases et un moment avec d’autres personnes, ce qui est très important et répond à un réel besoin ! Cela permet de communiquer et c’est évidemment le principal ! Et puis, qui a dit qu’une conversation devait obligatoirement être constructive et intéressante, hein ?? Et qui décide de ce qui est constructif et intéressant, hein ??

Un autre exemple type de conversation qui permet de remplir temps et espace, est celle qui consiste à parler de soi, quoiqu’il en soit du sujet. Pour exemple, je vais citer l’expérience d’une autre amie, mère de famille cette fois, qui me racontait l’autre jour d’un air désabusé :

 » Ah, je vois ! Ce que tu expliques là me fait penser aux conversations qui se tenaient à la sortie de l’école primaire avec les autres mamans. C’était cocasse, car aucune d’entre nous ne se rendait vraiment compte de ce qui se disait. Prise dans la frénésie que peut conférer parfois la parole, nous n’avions de cesse de ne parler que de nous et souvent uniquement de nos malheurs. C’était un ballet de « et moi je » incroyable ! C’était à celle qui souffrait le plus, qui avait le plus d’ennuis, qui avait le plus de problèmes avec ses enfants, son mari, ses voisins, la maîtresse, l’administration… etc. Lorsque j’ai ouvert les yeux, ou plutôt les oreilles sur ce phénomène, cela m’a permis de régler mes soucis par moi-même, au lieu de les exposer, de les faire sortir de moi, de partager mon énergie négative avec les autres mamans, ce qui, j’en suis sûre, leur a fait un bien fou ! D’ailleurs ne me déversant plus sur elles, elles ne déversaient plus rien sur moi non plus ! Une tranquillité d’esprit s’en suivit, sensation incroyable de bien-être ! Je recommande !! :) » me dit-elle en éclatant de rire à l’évocation de ces souvenirs.

Et vous, avez-vous déjà été témoin ou avez-vous tenu un jour une de ces conversations citées dans l’article ?