Avoir

AVOIR : à voir

Voilà ce que peut nous enseigner ce verbe. Autant l’être est intérieur et évanescent, autant l’avoir est palpable et physiquement présent. L’avoir est donné à voir. Attention toutefois qu’il ne se donne pas en spectacle ! Car l’avoir est la condition humaine incontournable. L’esprit descend dans la matière pour prendre forme et faire des expériences terrestres concrètes. C’est grâce à l’avoir qu’il peut faire cela. Deux concepts pour la même réalité. L’être et l’avoir sont intimement lié.

L’avoir fait souvent référence aux richesses de ce monde. Parfois, l’être aimerait primer sur tout le reste, sans n’avoir rien à faire avec l’avoir. Mais c’est un leurre ! C’est uniquement lorsque nous reconnaissons notre richesse intérieure ou plus exactement la valeur de notre être, que nous pouvons avoir -tiens encore lui !- accès à la richesse extérieure ou plus exactement à son pendant de valeur qui se concrétise dans les avoirs que nous possédons. Précisons le fait que chacun d’entre nous a une valeur infinie puisque l’être n’est que cela. C’est notre mental qui nous empêche d’y avoir accès ! Notez bien que nous pouvons nous convaincre que nous avons beaucoup de valeur personnelle et être pauvre, sans avoirs ! En effet, il y a une différence entre dire les choses et les vivre. Seule notre réalité nous renseigne sur ce que nous pensons réellement sur nous !! Donc ouvrons grands les yeux, c’est « à voir » !

Il est vrai que c’est dur pour certains de penser que l’avoir est une bonne chose surtout par les temps qui courent. Il est de bon ton de s’offusquer sur les avoirs immenses que certains possèdent ! C’est alors que l’égo juge ce qui est bien et mal ! Pourtant, il n’y a rien de mieux que l’avoir, dans notre monde de matière, pour se sentir entier et accompli. L’être et l’avoir sont indissociables !

 

J’ai : j’hais

Tristes dans leurs manifestations sont les croyances et les pensées qui nous font haïr avoir. Notre être, se fait entendre dans cette première personne du présent de l’indicatif de façon tonitruante ! « J’ai » nous parle de cette dualité que certains d’entre nous entretiennent entre l’être et l’avoir et nous met en garde ! L’avoir peut, s’il est seul maître à bord, étouffer l’être et cela n’est pas ce qui est demandé et attendu d’un humain accompli. C’est, ce que Jésus voulait dire, dans une des nombreuses interprétations que nous pouvons faire des textes bibliques, lorsqu’il a demandé aux marchands de sortir du temple. Le temple symbolise l’être et les marchands l’avoir. L’avoir extérieur est le résultat de la reconnaissance de l’être mais ne doit pas remplir l’être ! En même temps, c’est parce que nous avons un corps que l’être a un refuge terrestre. C’est sa façon de prendre forme et de se donner à voir !

 

J’avais : Je vais à…

Ici, avoir se met en mouvement. Je vais à… Il fait presque, mais modestement tout de même, de la concurrence à « faire ». Ceci dit, « j’avais » est en route, même si le temps est à l’imparfait de l’indicatif. Quelle coïncidence formidable de nommer un temps « imparfait », alors que tout est parfait tout le temps ! Est-ce que, comme cela a été souligné avant, l’avoir qui se prend pour le faire n’est pas dans son rôle -et donc est imparfait- lorsqu’il va de l’avant ? Ou bien faut-il entendre « un parfait » ? Dans tous les cas et dans le bescherelle, le Plus-que-parfait est juste à côté de l’imparfait ! Et lorsque « avoir » veut se donner des airs irréprochables -plus-que-parfait- il « va » toujours de la même manière mais est accompagné par « eu » avec son « j’avais eu ». Nous le prononçons « u » bien sûr mais nous pouvons aussi le lire « eux »… « J’avais eux » en quelque sorte ! C’est la manière qu’avoir a de ne surtout pas oublier d’aller vers les autres. C’est une façon aussi de nous enseigner que si nous avons le talent particulier de pouvoir avoir des avoirs, c’est aussi et avant tout pour partager ce pouvoir et ces avoirs avec les autres.

Avé César !!

 

J’aurai

J’or et… A vous de finir la phrase ! Encore un clin d’œil à cette richesse intérieure, cet or intérieur qui se voit à l’extérieur, sans que cela soit le but de notre existence car « et » nous laisse finir l’histoire. De l’or oui mais pour quoi faire ?

Variante : J’or hais (je hais l’or). Haïr l’or est la mise en garde d’avoir au futur simple ! Il nous parle tout simplement de l’évolution de la vie de chacun d’entre nous. Au départ, le bébé connaît son immense valeur : totalement dépendant à nos yeux, pour lui il n’a besoin que d’être pour que tout lui soit dû. Ce n’est que lorsqu’il grandit qu’il cesse de penser qu’il est immense et que seule sa présence compte. Par des expériences diverses, il remet en cause sa valeur, c’est ainsi qu’il commence à s’éloigner et à haïr (entre guillemets) l’or pur et grandiose qui le constitue ! J’aurai nous dit bien que dans le futur, nous aurons tendance, de par notre condition, à haïr l’or parfait que nous sommes, autrement dit, ne pas nous aimer inconditionnellement.

 

Tu auras : tuer l’aura !!

Le « tu » tue mais le « auras » nous parle de quelque chose de bien plus subtil… L’aura qui entoure notre corps de façon lumineuse ! Le « tu » et « l’aura » ensemble peuvent nous mettre en garde sur le fait que l’avoir a besoin d’être (tiens, tiens !) relié à quelque chose de plus grand que lui. Sinon, l’avoir seul peut nous tuer ou tuer quelque chose en nous. Ou bien, avec « tu or as » (tu as l’or) cela peut nous parler de notre propension à voir chez les autres des richesses fantasmées, des possessions terre à terre qui, parfois, ne s’y trouvent même pas !!

 

Vous pouvez jouer avec moi sur le verbe avoir en me laissant vos interprétations. Car avoir est bien loin de nous avoir montré tout son potentiel !!

 

En attendant, je vous souhaite à toutes et à tous d’excellentes fêtes de Noël. Puisse cette fête d’abondance et de cadeaux, qui nous parle beaucoup d’avoirs, vous apporter tout le bonheur que vous méritez !

 

Merci et à bientôt

Elisabeth