Anges et nous

Source : Cathédrale de Reims : l’ange au sourire

 

Nous avons tous un ange qui veille sur nous : de cela, certains en sont convaincus. L’ange est sensé avoir de nombreuses fonctions dont certaines nous permettent de traverser l’existence en évitant les plus gros encombres. Or, si nous ne pouvons pas les éviter ou les interpréter de façon constructive, c’est que, soit nous ne savons pas ou nous ne croyons pas en l’existence de notre ange et en son action, soit nous ne savons pas l’écouter, soit nous avons à vivre ces épreuves qui sont là pour nous élever. Ceci est pour le côté « mission » des anges. Or, pour certains angélologues, il s’avère que parfois, parmi les anges, il y en a qui ont un côté que l’on pourrait considérer comme presque « humain » (peut-être est-ce à force de nous fréquenter ?) Alors que nous serions tentés de les considérer comme supérieurs à nous, il paraitrait qu’en fin de compte, certains seraient jaloux de nous sur une chose : ils nous envieraient notre corps, car ils en sont dépourvus ! En effet, notre corps nous permet de réaliser la chose la plus merveilleuse qui soit, il permet la création ultime, le miracle de la vie. De deux cellules, notre organisme créé, de toutes pièces, un être complet et complexe, capable de réaliser la même prouesse, quasiment à l’infini… Un pouvoir de toute puissance qu’il faut bien maitriser : nous donner l’illusion du temps qui passe et nous fait vieillir, jusqu’à nous faire accepter notre mort physique, est là pour ça. Cette dernière en particulier, considérée par nous comme une malédiction de notre nature, les anges y voient une délivrance, un passage à un autre état, qu’ils n’attendront jamais, du moins, pas de façon aussi splendide ! Notre corps nous permet aussi de ressentir, de vibrer, autant de sensations que les anges n’ont pas… Attention tout de même : tous les anges n’ont pas ce genre de réflexions, certains sont fiers et conscients de leur mission primordiale auprès de nous, mais ils sont tellement maltraités et incompris par la plupart des humains, que certains se découragent et adoptent de fait, des attitudes humaines. Et n’oublions pas que souvent, nous finissons par détester ce que nous avons adoré…

Partant de ces postulats sur les anges, l’imagination peut alors entrer en ébullition.

Voici donc l’histoire de deux anges, quelque peu facétieux, qui ont trouvé le moyen de parasiter deux corps humains dont pourtant, ils n’ont pas la charge. De ce fait, n’ayant pas à s’occuper de ces deux êtres, ils en profitent pour leur dévoiler des concepts assez déroutants pour des humains, notamment sur la conséquence de certains de leurs choix collectifs et ancestraux, dans certains de leurs domaines de vie et qui ont entraîné ce que l’Humanité est, en partie, en train de vivre maintenant.

Voici donc leurs deux « cobayes », deux amies qui généralement ont l’habitude d’échanger des banalités sur la vie, et qui cette fois-là, sous influence certaine, ont partagé des propos qui les ont, nous pouvons le dire, perturbés, avant de prendre la décision saine et logique, de penser qu’elles étaient allées un peu trop loin dans leur délire et d’oublier bien vite cette conversation. Les deux anges vont parler à travers ces deux femmes, non pas pour les instruire (ils ont choisi des êtres trop peureux pour prendre fait et cause et trop « enfermés dans les convenances de leur monde » pour diffuser une information de cette nature !), mais ils les ont choisies par simple amusement. Eh, oui ! Ces anges-là s’ennuyaient et avaient envie de se distraire !

L’échange s’est déroulé dans une petite maison, dans le sud-ouest de la France. Il s’agit de Madeleine et Fleur qui discutent donc, sous contrôle :

- Parfois j’ai l’impression que je suis née pour manger, comme prédestinée par mon prénom… Madeleine, un prénom de gâteau, de nourriture transformée, issue de matières premières métamorphosées par la chaleur, sans force vitale, des aliments morts comme disent certains.

– Peut-être, mais c’est bon !

– Oui, évidemment, mais au-delà de ça, tu sais ce que je pense ? Je crois qu’il existe des aliments vivants, les graines, les céréales germées, les végétaux en général, et des aliments morts ; cela va des produits alimentaires transformés par les techniques de fabrication et de conservation dont les humains se servent, alors qu’ils sont nombreux à penser que tout ça est néfaste pour leur organisme, à ces pauvres animaux qu’ils tuent pour manger, comme le font les charognards ! Cette façon de voir les choses fait dire à certains d’entre eux que leur mode d’alimentation n’est pas très naturel ; d’ailleurs, il n’y a qu’à voir toutes les croyances qu’ils aiment à colporter à ce sujet, croyances issues de l’illusion dans laquelle ils vivent. D’après leurs observations, ils croient avoir compris que les maladies, les allergies, et bon nombre d’autres agents extérieurs à eux ont des intentions belliqueuses à leur égard et les attaquent à longueur de temps. C’est hallucinant quand on y pense !

– Oui, en effet.

– Mais et toi ? Qu’est-ce que tu penses de ces soi-disant « cochonneries » ingurgitées par les Hommes durant toute leur existence ?

– Oh, tu sais moi, si j’étais l’un d’entre eux, je pense que mangerais de tout, absolument de tout. Car je sais que tout ce que je serais amené à faire rentrer dans mon corps serait bon pour lui, car il n’y a aucun aliment qui est en lui-même vraiment mauvais pour l’Homme.

– Tu ne peux pas dire ça ! Et les poisons alors ? Et sans aller si loin, il existe des gens qui développent des allergies alimentaires ! Bien la preuve qu’ils ne sont pas faits pour manger de tout. D’ailleurs, concernant la viande par exemple, il y a une théorie que certains d’entre eux prennent très au sérieux, qui dit que, physiologiquement, ils n’ont pas le système digestif adapté pour en manger ; question de longueur d’intestins d’après les spécialistes, ceux qui pensent qu’ils voient mieux que les autres parce qu’ils ont des diplômes, des microscopes et autres instruments de mesure…

– Hihihi ! Très juste ! Ils voient certainement de plus près le mirage dans laquelle ils vivent…

– Tu peux te moquer…

– Mais c’est toi qui as commencé !

– …mais en attendant, cela crée leur réalité !

– Oui, tu as raison…

– Bon ! Sérieusement, je disais donc que les humains détiennent ainsi la preuve scientifique, donc la croyance absolue chez certains, qu’ils ne sont pas aptes à manger de tout, et puis c’est tout ! Qu’en dis-tu ?

– Hum… pour les poisons, il est clair que l’Homme n’est pas fait pour en consommer parce qu’en l’état, il n’a pas accès à l’information qui y est contenue ; trop puissante pour lui, elle le fait passer invariablement dans une autre dimension. Il n’est pas conçu pour cette expérience terrestre, tout comme il n’est pas fait pour voler seul par exemple. En ce qui concerne les allergies, il est clair que chaque homme, femme et enfant a ses propres incohérences à régler. Untel allergique a tel aliment, a tout intérêt de se demander ce que cet aliment représente pour lui, ou ce qu’il cache comme secret dans sa propre existence et/ou celle de ses ancêtres. Une fois cette information obtenue, l’allergie n’existe plus, cela aussi est bien normal et tout à fait logique. De ce fait, il ne viendrait à l’idée de personne qui sait qu’il mange ce qu’il est, d’affirmer que c’est l’aliment qui est en cause. L’allergie est ailleurs…

– Mais enfin, tu penses vraiment qu’ils peuvent manger de tous les aliments qui leur sont proposés, sans faire attention à leur provenance, aux conditions d’élevage ou de production, et à la façon dont ils sont conditionnés et amenés jusque dans leurs assiettes ?

– Oui et non. Oui, parce que, pour les humains, c’est simple :  tout est affaire de croyances personnelles, familiales, sociales et culturelles profondes. S’ils croient, consciemment ou inconsciemment, que l’aliment qu’ils s’apprêtent à manger va être un problème pour eux, il aura beau être le plus naturel et le plus biologique possible, alors, il leur fera du mal. En revanche, s’ils pensent consciemment ou inconsciemment, que ce qu’ils consomment va leur faire du bien, alors, il en sera ainsi, c’est tout. D’un côté, c’est bien pour eux de s’informer et de s’intéresser à ce qu’ils mangent, d’un autre côté, c’est ainsi que le nombre de soucis alimentaires se déclenche et augmente, car c’est proportionnel au nombre de personnes qui ont peur de ce qu’ils consomment.

– Et pourquoi non alors ?

– Non, parce que grâce aux progrès, beaucoup d’humains peuvent se préoccuper de choses qui, pour ceux qui sont encore pris dans des périodes de vie très difficiles, sont secondaires, voire inconnues. Ceux qui se sentent en sécurité notamment matérielle ne sont plus, de fait, en survie corporelle. Entre parenthèses, cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas en survie spirituelle, bien au contraire ! Mais c’est un autre sujet que celui-là… Vaste sujet même ! Bref, ils ne sont plus en survie corporelle donc, alors, ils peuvent, ensemble, faire bouger les mentalités et exiger de consommer des produits alimentaires de meilleure qualité, c’est une très grande avancée et de leur point de vue, c’est tant mieux.

– Justement, toi qui parles de spiritualité, tu ne penses pas que le fait de manger des animaux par exemple est profondément malsain et les ramène à ce qu’ils ont de plus cruel, de plus animal en eux ?

– Non, justement, je pense que c’est exactement le contraire et pour faire comprendre ça, il faut remonter a il y a bien bien longtemps, au tout début de leurs temps sur terre. Il y a certaines décisions que les premiers humains ont prises et qui d’une certaine manière, étaient incontournables afin qu’ils puissent, ainsi que les animaux, les végétaux et même les minéraux, faire leurs expériences terrestres. Ces décisions ont donné la tonalité de tout ce qui a été vécu par eux par la suite, ainsi que tout ce que certains vivent encore maintenant. Les conséquences de ces décisions, principalement humaines, car on ne parlera pas des liens invisibles qui les lient aux autres règnes de leur monde, sont totalement intégrées et ont façonnées leurs relations avec la nature, les animaux et avec eux-mêmes. Les humains pensent qu’ils sont leur nature profonde, alors que rien n’est plus faux.

– De quoi s’agit-il ?! Raconte…

– Eh bien ! Naturellement, certains des tout premiers humains étaient omnivores. Pour simplifier le propos, nous dirons que les humains actuels en sont les descendants. Nous ferons commencer cette descendance aux chasseurs-cueilleurs, peu importe le nom qu’ils leur ont donné. Ces êtres, dont nous nous occupions déjà, mangeaient ce qui poussait pour survivre, jusqu’à ce qu’ils puissent manger du poisson ou de la viande, qu’ils devaient chasser et qu’ils consommaient instinctivement pour être plus puissants, se développer et se reproduire. Tout ça pour que l’espèce perdure. Plus tard, il y eut la sédentarisation, ce qui a été une aubaine incroyable, une grande avancée en terme de sécurité globale et de sécurité alimentaire en particulier. Avec l’élevage, la nourriture était à la disposition des humains, notamment de la viande donc, tous les jours, sans avoir à risquer leur vie à la chasse. Avoir des animaux à domicile, posséder des champs, de la terre à eux, qu’ils pouvaient travailler pour produire de la nourriture chaque jour, fut donc une révolution. La vie était plus douce et plus longue, mais la contrepartie au sédentarisme, fut que l’homme se retourna contre lui-même, parfois même contre les individus de son propre clan, ce qu’il n’avait jamais fait auparavant. La sédentarité, le fait de pouvoir récolter le fruit de son labeur dans les champs et de pouvoir bénéficier d’animaux domestiqués et non sauvages comme avant, fut les prémices des premières querelles, la naissance des premières guerres…

– La sédentarité a fait naitre les guerres !?!

– Même dans certains écrits très anciens, inspirés par nous, que certains humains considèrent comme sacrés, il leur était conseillé de rester omnivores et nomades ! Si le choix des humains avait été de continuer ce genre de vie, alors, ils n’auraient pas eu à s’entretuer pour garder leurs lopins de terre, ou pour se défendre contre des voleurs. Aucun d’entre eux n’aurait eu plus de biens qu’un autre, aucun d’entre eux n’aurait été blessé dans son orgueil de voir son voisin faire mieux que lui parce qu’il a mieux réussi ses récoltes et a plus, à travail égal. Si l’homme était resté omnivore et nomade, il n’aurait jamais eu besoin de moyens d’échanges, l’argent n’aurait pas eu lieu d’être… Tu imagines ? Si l’humain était resté omnivore et nomade, il n’aurait pas à appauvrir la terre pour faire pousser des plantes qu’ils trafiquent et qu’ils dopent pour qu’elles produisent artificiellement plus, il n’aurait pas non plus à enfermer des animaux dans des établissements sordides, à les nourrir avec de la nourriture qui ne leur convient pas et des médicaments, et à les tuer à tour de bras. Il n’aurait pas, non plus besoin de faire subir à n’importe quel être vivant une quelconque vexation, ni dégradation de son identité. L’homme nomade et omnivore était respectueux, il ne tuait que les animaux qu’il arrivait à attraper, souvent les plus faibles, les plus vieux, malades parfois… comme les carnivores d’ailleurs. Les rapports de forces étaient maintenus alors. Pas de plus forts aliénants les plus faibles. Dans certaines tribus indiennes en particulier, il y avait même un rituel ; les chasseurs demandaient pardon à l’animal qu’il s’apprêtaient à mettre à mort et ils l’informaient du but de son sacrifice : nourrir et vêtir les êtres qui avaient pour mission de prendre soin et de vénérer la Terre Mère. Les enjeux étaient bien supérieurs à l’homme et à l’animal et ce dernier avait la certitude que son corps allait être bien traité et allait servir comme il se doit, et non finir dans une poubelle…

– Ah oui, évidemment, tu penses à ça… Mais comment faire maintenant ? Il semble difficile de faire machine arrière, la plupart des humains actuels ne peuvent pas redevenir des chasseurs-cueilleurs ? Cela irait à l’encontre de leur évolution et ils ne pourraient pas faire les expériences qui leur permettent de grandir spirituellement s’ils régressent ? Ils ne pourraient pas faire l’expérience de l’abondance et de la confiance.

– Effectivement, je pense qu’ils ne doivent pas emprunter ce chemin-là, et d’ailleurs, ils ne le peuvent pas. Il est évident qu’ils ne sont plus ces primitifs pour les premiers que nous avons évoqués, vivants au gré des déplacements des animaux, ni les autres, plus modernes, disons, mais très spirituels, ayant une vision claire du sens de leur existence. De façon générale, les humains n’en sont plus là. Actuellement, ils sont plus nombreux qu’en ces temps-là, ils sont devenus dépendants à la sédentarité qui leur apporte la sécurité, le confort, une vie moins dure physiquement du moins, que celle vécue par leurs lointains ancêtres.

– Mais alors, que faire ?

– Ils ont tout intérêt d’accepter ce qui est, et c’est d’ailleurs une partie de notre devoir que de les accompagner dans cette voie ! De toute façon, il n’y a pas de hasard dans le fait qu’ils se soient sédentarisés, tu le sais aussi bien que moi. C’était dans l’ordre des choses et ce qui a été expliqué avant est un constat. Il n’y a pas de nostalgie à avoir ni d’envie de revivre comme en ces temps-là. D’ailleurs, je ne sais pas si tu le sais, mais certains des nôtres y sont retournés justement, pour tester d’autres possibilités d’évolutions pour les Hommes… Tiens ce serait intéressant de les rencontrer et de voir ce qu’il en est, n’est-ce pas ? Je prends le pari avec toi que tout est très différent dans le monde où les humains ont décidé de vivre, et non de survivre, en bon terme avec leur environnement.

– Possible en effet ! Mais pour ceux d’ici, tu penses qu’ils n’ont pas d’autres choix que de tout accepter sans rien essayer de changer ?

– Non, ils acceptent tout en changeant leur façon de voir ce « tout » ! Tu le sais, les humains pensent que ce qu’ils vivent est la réalité, de ce fait, ils partent en guerre facilement, ils se battent, ils râlent, ils combattent, jusqu’à renier leur part d’humanité ! Tandis que certains sont prêts à tuer n’importe quel animal et parfois même n’importe qui qui les en empêcherait, d’autres, pour sauver ce qui leur semble être un pauvre être sans défense, comme un petit veau dans un abattoir par exemple, sont prêts à tuer le tueur en imposant à tous de ne plus manger de chair provenant de n’importe quel animal ! Pour ces derniers, il faudrait que les Hommes changent leur nature profonde, qu’ils effacent ce qu’ils sont, qu’ils se réinventent herbivores pourquoi pas, sans au préalable accepter qui ils sont vraiment. L’humain n’a pourtant pas à rougir de qui il est, c’est un être extraordinaire à la surface de la planète. Aucune espèce n’a réussi ce qu’il a accompli ! Les humains devraient tous être fiers d’eux-mêmes d’abord et ensuite, ils seraient obligatoirement fiers de ce qui les entoure.

– Oui, et ce serait plus facile pour nous aussi de nous faire comprendre dans nos interventions…

– C’est évident, mais nous ne sommes pas là pour que cela soit facile ni pour nous, ni pour eux, ne l’oublie pas…

– Oui, je sais, nous sommes là pour que cela devienne facile, un jour peut-être, et pour eux et pour nous, je sais !

– Pour revenir à ce qui nous intéresse ici, il serait temps que les humains comprennent que s’ils prennent soin d’eux, ils pourront prendre soin de ce qui les entoure, s’ils aiment profondément leur nature, ils pourront alors aimer ce qui les entoure ! Ce serait inespéré s’ils pouvaient tous comprendre que la véritable humanité est un mouvement qui part de l’intérieur de leur corps et va vers l’extérieur de leur corps. Ils ont cette chance, ce point d’achoppement, ce point de repère que nous n’avons pas, une enveloppe charnelle…

– Oui et à ce propos, tu n’as pas eu vent de la nouvelle les concernant ? Il est possible que des mutants soient descendus parmi eux. Ils ont pour fonction, sans le savoir, comme cela a été décidé dès le début de l’aventure humaine, d’éveiller les consciences sur le sort qu’ils réservent aux animaux justement, et à la planète entière aussi.

– Oui, j’ai eu vent de ça moi aussi. Certains des nouveaux venus sur Terre ont des caractéristiques particulières : ils n’ont naturellement plus besoin de consommer de la viande animale pour vivre.

– Ils sont les prémices d’une nouvelle humanité, des êtres ayant déjà en eux, les informations que la grande majorité a encore besoin d’aller chercher à l’extérieur, dans l’alimentation et notamment dans la chair des animaux. Ces nouveaux humains vont ouvrir la voie, c’est certain !

– Pourtant, c’est assez terrible ce qu’ils vivent. Ils sont conscients, et c’est même une conviction profonde pour eux que l’Humanité se fourvoie en continuant de s’alimenter de viande, mais ils ne sont pas écoutés…

– Ils ont la foi en ce qu’ils vivent, ils sont là pour dire et redire à leurs contemporains qu’ils peuvent vivre différemment et qu’ils peuvent traiter différemment ce qui les entoure. Il est possible qu’un de ces mutants puisse faire changer l’ensemble de l’humanité. Il suffit qu’un seul d’entre eux arrive à convaincre un « non-mutant » de ne plus manger de la viande. Ce dernier aurait une possibilité de muter seul, avec ses propres moyens, en réglant ses conflits internes, en travaillant sur lui et ce qu’il pense être. Ce serait finalement une très belle manière d’évoluer pour les humains, non pas en les forçant, sous la contrainte et en se privant sous prétexte de respecter une bonne morale insatisfaisante, mais en permettant de changer de nature, carrément !

– Hum… Je ne sais pas, en pratique, si cela est possible, cependant en théorie ça l’est assurément ! Un travail sur soi énorme, mais pas impossible à mon avis !

– Oui, en changeant l’âme qui donne la forme du corps, alors ils peuvent changer !

– C’est beau ce que tu dis, tu sais !…

– Hooooo, ça va ! T’en as assez de jouer ou quoi ?

– Oui, je pense que j’ai assez entendu la voix de cette femme moi… ça me lasse maintenant.

– Bon, ben, finis cette comédie alors ! D’accord. J’ai autre chose à te proposer : cela te dit d’aller voir les conséquences de l’autre décision humaine vis-à-vis de sa façon de vivre ?

– J’allais te le proposer justement !

– Alors, allons-y !

Sans plus de préambules ni de précautions, nos deux anges quittèrent d’un coup les corps de Madeleine et de Fleur, et c’est alors que celles-ci, comme sortie d’une transe qui leur a paru irréelle et incompréhensible, se regardent d’un air abasourdi. Muettes pendant de longues minutes, c’est Madeleine qui brise le silence :

- Eh bien ! Nous sommes parties loin ! Je ne savais pas que tu pensais tout ça, toi ?

– Non, moi non plus figure toi ! Ouffff ! C’est bizarre n’est-ce pas ?… Euh, je te ressers un café ?